"Call of Duty" : qui est Jonas Savimbi, dont la famille attaque le jeu vidéo ?

"Call of Duty" : qui est Jonas Savimbi, dont la famille attaque le jeu vidéo ?
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PLAINTE - Les enfants du rebelle angolais, tué en 2002, Jonas Savimbi, attaquent en diffamation l'éditeur du jeu vidéo "Call of Duty". Le chef de guerre est en effet représenté dans l'un des opus de la série à succès de manière caricaturale, estiment les membres de sa famille.

Près de 14 ans après sa mort, le nom du rebelle angolais Jonas Savimbi est de retour dans l'actualité. Cette fois, ce sont les enfants de l'ancien leader de l'Unita qui entendent défendre la mémoire de leur père devant les tribunaux face à l'éditeur du jeu vidéo à succès " Call of Duty ". Alertés par les réseaux sociaux, trois des enfants de Jonas Savimbi, installés aujourd’hui en région parisienne, ont reconnu leur père dans l'opus "Black Ops II" du blockbuster de guerre sorti en 2012.

Le chef de guerre angolais y est représenté en allié du héros de "Call of Duty", Alex Mason, et dans son propre rôle de chef de guerre face au MPLA. Un chef de guerre, mais aussi un "leader politique"  et un  stratège", décrivent les descendants du "coq noir", surnom de Jonas Savimbi, par la voix de leur avocate Me Carole Enfert. Autant de dimensions qui, selon eux, n'apparaissent pas dans la représentation que donne le jeu vidéo de leur père.

"L'ami de Mandela"

Il apparaît comme un "gros bêtasson qui va tuer tout le monde", juge Me Enfert qui qualifie cette mise en scène d'"outrancière". "Il a été un personnage important de la Guerre froide, il a fait partie de l'échiquier mondial, il était défendu par les grands de ce monde, il a été ami de Mandela", rappelle l'avocate, ajoutant : "un jeu vidéo peut vous prendre votre nom, votre visage et remettre en cause votre notoriété".

De son côté, la société Activision Blizzard, l'éditeur du jeu, estime avoir représenté Savimbi "pour ce qu'il était" : "un personnage de l'histoire angolaise, un chef de guérilla qui combat le MPLA", argumente l'avocat d'Activision, Etienne Kowalski. D'autant, relève-t-il, que le jeu le montre sous un jour "plutôt favorable", en "gentil qui vient en aide au héros".

Le précédent Noriega

Attaquée en diffamation, la filiale française de l'éditeur américain est poursuivie devant le tribunal de grande instance de Nanterre qui jugera l'affaire ce mercredi. Les juges devront ainsi se prononcer sur la représentation de l'opposant angolais, acteur majeur de l'une des guerres civiles les plus meurtrières de l'Afrique contemporaine qui, au sortir de la guerre d'indépendance de l'Angola en 1975, fera, sur fond de guerre froide et en un peu plus de 25 ans, plus d'un million de victimes, 4 millions de déplacés et plus de 100 000 mutilés.

Pas sûr néanmoins que les descendants de celui qui affirmait choisir la lutte armée pour forcer la voie politique - désignant les marxistes du MLPA de José Eduardo dos Santos comme reposnables de la guerre froide -, aient gain de cause. En 2014, en effet, le dictateur déchu du Panama actuellement emprisonné, Manuel Noriega, 80 ans, avait lancé des poursuites devant la justice américaine contre l'éditeur de "Call of Duty", dans lequel il était représenté en traitre patibulaire. Mais sa plainte avait été rejetée.

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