Cameron, Orwell... Ces Britanniques célèbres dont les ancêtres étaient propriétaires d'esclaves

Cameron, Orwell... Ces Britanniques célèbres dont les ancêtres étaient propriétaires d'esclaves
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ROYAUME UNI — Une base de données mise en ligne ces derniers jours recense des milliers d'anciens propriétaires d'esclaves en Grande-Bretagne. Parmi eux, les ancêtres du Premier ministre actuel, David Cameron.

Il aura fallu attendre 2010 pour que Catherine Hall et Nick Draper se penchent sur les archives du Comité sur la compensation des propriétaires d'esclaves. Cinq ans et des milliers de documents épluchés plus tard, les deux historiens lèvent le voile sur un aspect méconnu de l’histoire du Royaume-Uni et de ses citoyens qui, à l’époque, possédaient des esclaves dans les colonies de l’Empire britannique.

Selon les archives du Comité, ce ne sont pas moins de 46.000 Britanniques qui, lors de l'abolition de l'esclavage en 1833, possédaient des esclaves. Ou plus exactement 800.000 Africains, dont la perte de la propriété avait été considérée comme un préjudice. C’est pourquoi les autorités avaient alors mis en place la Slave Compensation Commission, chargée de les indemniser financièrement. Selon le Guardian , qui a consacré un article-fleuve à ce sujet, le gouvernement a été généreux : les propriétaires ont reçu l’équivalent de 16 milliards de livres actuelles. Ni plus ni moins que 40 % des dépenses du pays en 1834…

David Cameron ou George Orwell

Ce sont ces heureux bénéficiaires qui, ces jours-ci, se retrouvent sur la base de données mise en ligne. En quelques clics , on peut ainsi retrouver qui possédait un ou plusieurs esclaves. Parmi eux, les internautes auront l’occasion de découvrir les ancêtres de prestigieux Anglais : l’actuel Premier ministre David Cameron, l’écrivain George Orwell ou l'acteur Benedict Cumberbatch.

En outre, la base de données indique à quel endroit les esclaves travaillaient et la somme versée pour leur liberté. Une liberté somme toute relative, puisqu’ils ont été contraints de travailler encore 45 heures par semaine durant les quatre années qui ont suivi l’abolition. Une période à l’issue de laquelle – contrairement à leurs propriétaires – ils n’ont reçu aucun penny.

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