Cameroun : qui est Michel Atangana, le plus vieux prisonnier français qui devrait être bientôt libéré ?

Cameroun : qui est Michel Atangana, le plus vieux prisonnier français qui devrait être bientôt libéré ?

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PORTRAIT – Michel Atangana, un homme d'affaires franco-camerounais emprisonné depuis 1997 au Cameroun pour des malversations qu'il a toujours contestées, devrait être libéré très prochainement.

Le calvaire de Michel Atangana semble toucher à sa fin. Le plus vieux prisonnier français à l'étranger, qui purge une peine dans les geôles camerounaises depuis 1997, devrait bénéficier d'un décret du président camerounais, Paul Biya, et être libéré. Si aucune source gouvernementale n'a pour le moment confirmé cette remise en liberté, les avocats de cet homme de 49 ans espèrent une sortie rapide. "Ce sera dans les prochaines heures", assure Eric Dupond-Moretti à metronews. Pour l'avocat, qui "a entre les mains" le décret daté du 18 février prévoyant des commutations et remises de peine collectives, "Michel Atangana est la victime d'une justice parodique".

Ce dernier a été naturalisé français en 1988 à la suite de son mariage sur le territoire français. En 1994, il est envoyé au Cameroun par son employeur, Copisur, une structure chargée de la supervision des travaux routiers. Trois ans plus tard, Michel Atangana sera condamné à quinze ans de prison pour détournement de fonds publics, dans le cadre de ce projet autoroutier. Il est accusé d'avoir détourné 1,1 milliard de francs CFA (soit 1,6 million d'euros) et tenté de détourner 59,4 milliards de francs CFA (soit 90 millions d'euros).

"Incarcéré dans des conditions inhumaines"

Quelques mois plus tôt, Titus Edzoa, principal rival du président camerounais et ami de Michel Atangana, avait lui aussi été arrêté. La proximité entre les deux hommes, qui ont toujours contesté ce procès et l'ont dénoncé comme "politique", serait à l'origine de l'arrestation du Franco-Camerounais, selon ses défenseurs. Si un juge a prononcé un non lieu en 2008, le parquet a fait appel et de nouvelles poursuites ont été engagées contre Michel Atangana et deux autres personnes, un an plus tard. Les chefs d'accusation étaient cette fois-ci : "tentative de détournement de deniers publics en coaction et trafic d'influence". Michel Atangana a alors été condamné à vingt ans de prison.

L'affaire a pris une tournure diplomatique lorsque, en mai 2013, François Hollande a dénoncé une durée de détention "inadmissible ". En novembre dernier, c'est au tour du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU de demander la libération de Michel Atangana , estimant qu'il avait "été incarcéré dans des conditions inhumaines et jugé deux fois pour les mêmes faits".
 

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