Canada : la police abat un sympathisant de Daech en pleine mission-suicide

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ANTITERRORISME - Le Canadien Aaron Driver, partisan du groupe Etat islamique, a été abattu par la police montée canadienne, mercredi 10 août. Selon la CBC, il venait d'activer un engin explosif et s'apprêtait à le refaire quand il a été tué.

Le sympathisant de Daech Aaron Driver, 24 ans, a été abattu ce mercredi par la police à Strathroy, dans la province de l'Ontario, après qu'il a déclenché le mécanisme d'un engin explosif et s'apprêtait à répéter son geste, rapporte la Canadian Broadcasting Corporation. Pour la GRC (la Gendarmerie royale du Canada, soit la police montée), aucun doute : Driver cherchait à commettre un attentat-suicide. La première explosion avait d'ailleurs blessé une autre personne.

Aaron Driver avait avait plaidé allégeance groupe djihadiste dans une vidéo interceptée quelques heures plus tôt par le FBI américain. qui a aussitôt alerté Ottawa d'une attaque imminente, a indiqué jeudi la police fédérale canadienne. L'attentat "était censé avoir lieu dans les 72 heures et devait cibler un centre urbain, soit le matin, soit le soir, pendant les périodes d'affluence", a déclaré en conférence de presse le Commissaire adjoint de la Gendarmerie royale du Canada, Mike Cabana.

Une radicalisation rapidement cernée par les services de renseignement

Né dans une famille chrétienne du Saskatchawan (centre du pays), il avait perdu sa mère à l'âge de 11 ans, avant que son père ne s'engage dans l'armée, laissant son adolescent se débrouiller avec les services sociaux. Converti à l'islam à l'âge de 17 ans, il finit par attirer l'attention des services secrets pour ses propos particulièrement radicaux sur les réseaux sociaux.

Il s'y présente sous un nouveau nom, Harun Abdurahman, et n'y fait pas mystère des sympathies que lui inspire l'organisation Etat islamique, partageant l'atroce propagande du groupe terroriste. Photos de décapitation, blagues douteuses sur le sort des enfants exécutés... "Il disait qu'ils méritaient ce qui leur arrivait", raconte alors son père, contacté par les services de renseignement,  rapporte CBC . Ses propos qualifiant l'attaque du Parlement d'Ottawa le 22 octobre 2014 de "représailles justifiées" devant la présence canadienne en Syrie et en Irak n'ont rien arrangé. 

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 "Un sujet sans risque"

Inquiètes que le jeune homme ne se transforme en bombe humaine, les autorités canadiennes l'arrêtent en juin de l'année suivante. Il est alors soumis, malgré l'absence de poursuites pour activité criminelle, à un strict contrôle policier : surveillance électronique, cours de déradicalisation, couvre-feu, pas d'ordinateur ou de tablette, contrôle de son téléphone et interdiction d'aller sur les réseaux sociaux. 

L'intéressé se battra pour étendre ses droits, faisant valoir qu'il n'avait pas "un passé de violence" et qu'il ne présentait aucun risque. Ce que l'administration finira par reconnaître en février 2016, en retirant la surveillance électronique dont il faisait l'objet. Quelques heures après sa mort, son avocat, Léonard Tailleur, ne comprenait pas : "C'est absolument choquant. Il était considéré comme un sujet sans risque." L'enquête n'a pas déterminé comment le jeune homme s'était procuré son matériel explosif.

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