A Tripoli, une boutique a bien fait un marquage au sol avec des photos de Macron

Portrait d'Emmanuel Macron piétiné lors d'une manifestation dans la bande de Gaza, le 30 octobre 2020

COLÈRE - Alors que des manifestations ont lieu à travers le monde musulman pour le soutien d'Emmanuel Macron à la tradition des caricatures en France, un magasin de la capitale libyenne a collé la photo du président à terre, obligeant la clientèle à piétiner son portrait.

L'appel au boycott des produits français n'a pas suffi. Pas plus que les caricatures ou la Une d'un quotidien turc sur laquelle Emmanuel Macron était grimé en "démon de Paris". La colère n'est guère redescendue, dans les rues de certains pays musulmans, suite aux propos du chef de l'Etat défendant la tradition de la caricature en France, au prix d'une représentation du prophète Mahomet. Parmi ces pays, la Libye, où des effigies du président français ont été brûlées lors de manifestations hostiles à la France. 

Toute l'info sur

L'info passée au crible

Une initiative du responsable du magasin

Mais la colère contre la France ne se contente plus de s'exprimer dans des rassemblements. Elle s'invite aussi dans des magasins. Sur les réseaux sociaux, un internaute ouvertement pro-Erdogan a en effet diffusé des images d'une boutique à Tripoli, dans la capitale libyenne. Dans cet établissement aux murs roses, des portraits d'Emmanuel Macron ont été scotchés au carrelage. Il s'agirait, selon le texte qui accompagne cette publication aimée plus de 10.000 fois, de photos utilisées comme des marques de signalisation pour faire respecter la distanciation sociale dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Sous la photo, on peut effectivement lire en arabe "veuillez patienter ici". La clientèle est dès lors invitée à piétiner l'image pour patienter dans le magasin, comme en attestent d'autres photos.

La photo est véridique. On retrouve en effet ce cliché 18 fois dans la banque d'images de l'agence Anadolu, l'agence de presse du gouvernement turc, qui indique qu'elles ont effectivement été prises le 28 octobre dernier, à Tripoli. Le nom de l'auteur des clichés est lui aussi précisé. Contacté par LCI, Mücahit Aydemir confirme avoir pris ces photos dans l'après-midi, alors que des manifestations avaient lieu dans la ville. Il précise toutefois n'avoir pas vu d'autres magasins en faire autant. 

Ali confirme aussi cette information. Salarié dans cette boutique de vêtements pour femmes située à environ 10 kilomètres au sud du centre-ville de Tripoli, il assume. Si c'est son responsable qui est à l'initiative de l'idée, il nous confie qu'il "l'aime bien". D'ailleurs, personne ne s'en est plaint. Les images étaient toujours au sol, ce vendredi après-midi quand nous l'avons interrogé. Auprès de LCI, le jeune homme de 18 ans estime que "cet homme [Macron] a insulté l'islam et les musulmans, et les a poussés vers cette réaction. [...] Il a dit que la caricature, c'était la liberté d'expression. Donc maintenant, nous nous moquons de lui."

Le jeune homme fait référence aux propos tenus par Emmanuel Macron le 21 octobre dernier. Lors d'un hommage national au professeur Samuel Paty, décapité par un islamiste pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves lors d'un cours sur la liberté d'expression, le président de la République avait promis ce jeudi de ne pas "renoncer aux caricatures". Une promesse vécue comme une offense par certains fidèles de cette religion qui, dans son interprétation stricte, interdit toute représentation du prophète .

Vous souhaitez réagir à cet article, nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lesverificateurs@tf1.fr

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EXCLUSIF - "J'ai vu la mort arriver" : Romain Grosjean raconte son effroyable accident

EN DIRECT - Ski à l’étranger à Noël : Castex envisage des contrôles aléatoires et un "isolement de 7 jours"

Allemagne : une voiture percute des passants dans une zone piétonne, cinq morts et plusieurs blessés

Roumanie : un mystérieux monolithe métallique découvert, semblable à celui trouvé dans l'Utah

"Il faut rembourser la dette" : Bruno Le Maire esquisse la fin du "quoi qu'il en coûte"

Lire et commenter