Carlos Ghosn : que lui imposait son contrôle judiciaire au Japon ?

Coup de tonnerre dans l'affaire Carlos Ghosn: l'ex-PDG de Renault-Nissan, qui préparait son procès en liberté conditionnelle au Japon, a confirmé mardi se trouver au Liban d'où il promet de parler "librement" à la presse, provoquant la consternation à Tokyo.
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AUTOMOBILE - L'ex-PDG de Renault-Nissan a fui le Japon ce 30 décembre 2019, où il était assigné à résidence et devait être jugé en 2020 pour malversations financières, pour rejoindre le Liban. Il a réussi à déjouer un contrôle judiciaire très strict.

Coup de théâtre ce lundi soir. L'ancien PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn a fui le Japon et s'est réfugié au Liban, y arrivant par avion dimanche 29 décembre au soir. L'ex- grand patron préparait en liberté conditionnelle son procès, prévu en 2020 pour malversations financières. Mais il a préféré s'échapper, ne souhaitant plus être "l'otage d'un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité". Pour cela il a dû déjouer un contrôle judiciaire très strict.

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Depuis sa libération sous caution le 25 avril 2019, Carlos Ghosn est en effet soumis à un strict contrôle judiciaire, encore plus drastique que lors de sa première sortie de prison début mars, après 108 jours derrière les barreaux. Il avait interdiction de quitter le territoire, et ses passeports étaient conservés par ses avocats, garants du respect des règles imposées par la justice à son égard. Son assignation à résidence à Tokyo lui laissait toutefois la liberté de voyager à l’intérieur du Japon, mais la durée d’absence de son domicile était réglementée (pas plus de trois jours, selon NHK).

Interdit d'entrer en contact avec sa femme

L'ancien PDG du groupe automobile, dont le domicile japonais était équipé d'une caméra de surveillance dont les enregistrements étaient régulièrement soumis au tribunal, avait également vu son accès à internet fortement restreint et sa résidence placée sous la surveillance de caméras. Surtout, Carlos Ghosn, qui ne devait disposer que d'un téléphone fourni par ses avocats, avait interdiction d'entrer en contact avec sa femme Carole. Une situation "inhumaine et scandaleuse, même au regard des critères japonais" avait estimé l'un de ses avocats, ajoutant que cette disposition "le touch(ait) mentalement" et qu'il avait "l'air déprimé".

Parmi les revendications de Carlos Ghosn, ses défenseurs et son équipe de communication, figurait la "levée totale" des différentes interdictions qui pesaient sur lui. Ils les les jugeaient "excessives, cruelles et inhumaines".

Le départ du Japon de Carlos Ghosn devrait annuler sa libération. Sa caution de 14 millions de dollars sera alors perdue.

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