Carlos Ghosn veut faire valoir ses droits à la retraite chez Renault : de quoi parle-t-il ?

Carlos Ghosn veut faire valoir ses droits à la retraite chez Renault : de quoi parle-t-il ?
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Carlos Ghosn : l’ex-patron de Renault rattrapé par les affaires

ARGENT - Lors de la conférence de presse donnée mercredi 8 janvier, Carlos Ghosn a assuré qu'il ferait valoir ses droits à la retraite chez Renault. De quoi parle-t-il ? Et pourquoi envisage-t-il de passer par la justice pour obtenir gain de cause ?

Carlos Ghosn va "défendre ses droits" auprès de Renault et Nissan, notamment en matière de retraite. C'est ce qu'il a annoncé mercredi lors de la conférence de presse donnée à Breyrouth un peu plus d'une semaine après sa fuite du Japon. "Je n’ai absolument pas l’intention d’abandonner mes droits (…). J’ai des droits vis-à-vis de Nissan, vis-à-vis de Renault, qui n’ont pas été respectés, et je compte bien les réclamer en justice." Il a notamment insisté sur des droits à la retraite qu'il n'a pas perçu de Renault. "J’ai demandé à partir à la retraite et je défendrai mes droits en tant que personne qui a travaillé autant d’années, qui a rendu autant de services et qui a droit à une retraite", a-t-il assuré.

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Pourquoi un tel imbroglio entre Renault et Carlos Ghosn au sujet de la retraite de ce dernier ? La raison est simple : l'entreprise automobile estime que son ancien PDG a démissionné de ses fonctions, quand celui-ci s'en défend, assurant s'être simplement "retiré" après son arrestation au Japon et avoir "demandé à partir à la retraite". Et cela fait toute la différence, car cela n'ouvre pas les mêmes droits. "On a dit qu’en janvier (2019) j’avais démissionné de Renault, ce qui est faux (…). C’est une forfaiture de dire que j’ai démissionné." "Je me suis retiré pour permettre à Renault de fonctionner normalement alors que j’étais en prison. Dire que ça c’est une démission, c’est un travestissement de la réalité", s'est défendu Carlos Ghosn.

Une bataille juridique à venir, des sommes considérables en jeu

Contacté par l’AFP, Renault a déclaré ne vouloir faire "aucun commentaire" sur cette situation. "Le 24 janvier 2019, le conseil d’administration de Renault avait pris acte de sa démission", a rappelé un porte-parole. Dans une lettre reçue par l’entreprise le 23 janvier, Carlos Ghosn avait écrit qu’il faisait part de sa décision de "mettre un terme à ses mandats" de président du conseil d’administration et de directeur général de Renault. Mais les déclarations de Carlos Ghosn mercredi à Beyrouth laissent supposer une bataille juridique pour faire valoir qu’il demandait en fait à partir à la retraite et non qu’il annonçait sa démission, avec en jeu le versement de sa "retraite chapeau". 

Car c'est bien cela que Carlos Ghosn réclame, alors que début avril Renault avait annoncé qu'il ne pouvait pas y prétendre faute d’être encore présent comme mandataire social au moment de faire valoir ses droits à la retraite. Une retraite chapeau est une rente annuelle versée à un ancien patron à son départ. Et les sommes sont souvent considérables. Selon le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest cité par franceinfo, Carlos Ghosn aurait dû toucher 765 000 euros annuels de retraite chapeau.

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