Carnaval de Cologne : les participants n'appréhendent (presque) pas

Carnaval de Cologne : les participants n'appréhendent (presque) pas

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AMBIANCE - Alors que le carnaval a donné son top départ ce jeudi 4 à 11h11, nous avons pris la température de l’humeur des carnavaliers de Cologne déjà sur les starting-blocks. Et qui tente de cacher son traumatisme après les agressions du Nouvel an.

C’est un bistrot de quartier comme il y en a des centaines dans Cologne : Filos est situé dans la Südstadt, une partie de la ville authentique et très réputée pour son entrain à fêter le carnaval, loin de la gare centrale et de la vieille ville et ses hordes de touristes. Les habitués se réjouissent d’avance, le carnaval, comme chaque année, est un vrai temps fort.

Comme les Parisiens après le 13 novembre

Comme chaque année ? "Mon copain va faire plus attention à moi, il a promis de ne pas me lâcher d’une semelle", explique dans un grand sourire Leoni, 19 ans. Sa copine Maya, jolie petite brune de caractère, rappelle comme le sentiment de liberté est si important ici. Mais elle confie avoir acheté une bombe lacrymogène en janvier (les ventes sont montées en flèche ces dernières semaines)… Leur plus grande peur est celle d’un mouvement de panique devant une agression ou un bruit suspect. Une volonté de ne rien changer de leurs habitudes – comme à Paris après les attaques de novembre – tout en concédant à demi-mot des concessions à la situation.

Leurs voisines de table, deux fois le même âge, sont d’une sérénité à toute épreuve. "Plus d’un million de personnes y participent chaque année sans qu’il n’y ait de problèmes, cette année sera comme les autres !". On apprend que malgré une localisation loin des masses touristiques, pour cette édition, c’est le patron du bar lui-même qui restera devant l’entrée pour sélectionner dans la queue les habitués et les clients qu’il aura choisis. "Beaucoup de Kneipe (bistrots) communiquent sur la sécurité", raconte Gisela, 53 ans, qui n’a jamais manqué un carnaval depuis son enfance. "Ils font souvent payer l’entrée, te donnent un bracelet spécifique pour mieux contrôler les flux de gens."

EN SAVOIR +
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Sérénité de façade

Mais même si elle se dit parfaitement sereine, elle confie qu’elle va rester dans le quartier tout au long du carnaval, évitant le centre-ville. Les quelque 2000 policiers mis en place, les nombreuses caméras, les éclairages supplémentaires des coins sombres et le point d’accueil spécifique pour les femmes près de la cathédrale ne suffisent pas à la rassurer. En clair, on voudrait juste vivre la même ambiance très relax qu’avant, mais il est difficile de ne pas garder dans un petit coin de la tête les agressions du 31 décembre …

"Je n’ai pas l’impression que les gens se sentent moins en sécurité qu’avant à Cologne, au contraire, je pense que de nombreux endroits sont devenus plus sûrs", assure dans une interview au journal Die Welt Henriette Reker, nouvelle maire de Cologne, élue juste après une grave agression en réaction à ses prises de positions pro-migrants. Pourtant, entre effets de groupe, facilité d’action pour qui voudrait à mal, panique possible, voire la tentation chez certains (hooligans, extrême droite) de jouer des milices de rues improvisées, les craintes demeurent chez les Colonaises.

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