Catalogne : à Madrid comme à Barcelone, l'avenir de l'Espagne se jouera (vraiment) cette semaine

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DÉCISIF – Alors que le Sénat espagnol doit valider vendredi les mesures de mise sous tutelle de la Catalogne prises par le gouvernement de Mariano Rajoy en vertu de l’article 155 de la Constitution, le président catalan Carles Puigdemont a, lui, convoqué une séance plénière du Parlement régional pour débattre de la suite à donner aux événements.

Quoi qu'il advienne, la semaine qui s'annonce sera décisive. Si la crise catalane a parfois donné l’impression d’un va et vient répétitif de menaces et d’avertissements de toutes parts ce dernier mois, elle se prépare, cette fois, à entrer dans une phase capitale. 


Alors que le Sénat espagnol doit valider vendredi à Madrid les mesures prises par le gouvernement de Mariano Rajoy en vertu de l’article 155 de la Constitution, le président catalan Carles Puigdemont a, en réaction, convoqué une séance plénière du Parlement régional à Barcelone pour débattre de la réponse à apporter aux "attaques" du pouvoir central. Les deux principales villes d’Espagne s’apprêtent donc à être le théâtre de séquences déterminantes pour l’avenir du pays. 

À Madrid, la prise de contrôle de Rajoy entérinée

Si la validation doit intervenir vendredi, c’est dès mardi que le Sénat va commencer l’examen du plan de suspension de l’autonomie de la Catalogne annoncé samedi à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire. Selon El Pais, la commission spécialement créée pour l’occasion – composée de 27 membres – aura alors jusqu’à jeudi, à midi, pour rendre son avis ; avis qui devra être ratifié dans l’après-midi. Ce délai relativement court doit permettre l’étude approfondie du document de 19 pages présenté par l’exécutif, mais aussi l’audition de Carles Puigdemont, à qui l’occasion sera donnée de se défendre. Le leader séparatiste devrait toutefois bouder le rendez-vous et, si l’on en croit les médias espagnols, se faire représenter par un tiers.


Le lendemain de la ratification en commission, vendredi donc, les sénateurs se réuniront à partir de 10H pour valider formellement la mise en application de l’article 155. Les mesures prendront effet dès l’issue de la séance à 15H. Mariano Rajoy,  a d’ores et déjà décalé la réunion hebdomadaire du gouvernement initielement prévue à 10H afin d'assister à ce moment crucial. Il devrait prendre la parole dans la foulée de la validation.

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À Barcelone, la déclaration d’indépendance formalisée ?

Le calendrier est plus flou du côté de la Catalogne. Mais, selon le journal La Vanguardia, les dirigeants séparatistes pourraient bien choisir de faire coïncider la séance plénière du Parlement catalan, convoqué par Carles Puigdemont, avec celle prévue au Sénat. S’il a déclaré samedi qu’il s’agirait d’un débat sur les suites à donner aux événements, le président catalan pourrait bien déclarer à cette occasion formellement l’indépendance de la région. Affirmant que la tenue d’élections anticipées n’était "pas sur la table", le porte-parole de la Generalitat (ndlr : le pouvoir catalan), Jordi Turnull, a souligné dimanche qu’il faudrait "arriver au bout du mandat du 1er octobre" résultant du référendum d’autodétermination.  


Une façon de sous-entendre que la fameuse déclaration unilatérale d’indépendance (DUI) sera bien proclamée ? Rien n’est moins sûr pour l’instant. Entre ceux qui souhaitent apaiser la situation via l’organisation d’un scrutin régional et ceux, vraisemblablement majoritaires, qui appellent à une attitude inflexible vis-à-vis de Madrid, deux visions s’opposent dans les rangs régionalistes. Carles Puigdemont, plus que jamais sous pression, aura le dernier mot. Quoi qu’il advienne, la semaine sera donc décisive.  

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