Catalogne : Carles Puigdemont va-t-il devoir se sacrifier pour le camp indépendantiste ?

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Indépendance de la Catalogne : la crise sans fin avec Madrid

DILEMME - Le président destitué de Catalogne, en lice pour se succéder à la tête de la région indépendantiste, a reçu ce samedi l'obligation de se présenter au Parlement catalan pour assister à son investiture, mardi 30 janvier, alors qu'il est sous la menace d'une arrestation s'il fait son retour en Espagne. De quoi susciter les interrogations quant à savoir s'il est toujours la bonne personne pour prendre la tête du camp indépendantiste.

Le retour de Carles Puigdemont à la tête de la Catalogne ressemble de plus en plus à un chemin de croix. Le leader indépendantiste s'est en effet vu interdire par la Cour constitutionnelle espagnole d'être investi s'il n'était pas présent à la session d'investiture, prévue mardi 30 janvier à Barcelone. La présence de l'ancien maire de Gérone devant la chambre est jugée "indispensable", ce qui induit qu'il "obtienne à cet effet l’autorisation préalable du juge en charge des poursuites pénales pour rébellion et sédition le visant". 

Pas d'hologramme, de procuration ou de visioconférence qui tienne. Une difficulté supplémentaire, puisque Carles Puigdemont est toujours exilé en Belgique, à Bruxelles, qu'il a rejoint début novembre afin d'échapper à l'incarcération qui le guettait, pour avoir abusivement - aux yeux de la justice espagnole - déclaré l'indépendance de la Catalogne, le 27 octobre. Et ce, d'autant plus que le parquet général espagnol l'a averti, le 20 janvier, que son immunité de député ne l'empêcherait pas d'être arrêté s'il devait revenir en Espagne pour être investi à la tête de la région.

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Malgré la victoire du camp indépendantiste aux élections du 21 décembre 2017, obtenant 70 sièges de députés sur 135, Carles Puigdemont pourrait donc être empêché par la justice espagnole, qui doit par ailleurs s'exprimer dans les 10 jours pour accepter ou non le recours déposé par le gouvernement espagnol, visant à faire annuler la nomination de Puigdemont comme candidat à la présidence catalane. Un recours que vont contester les députés indépendantistes.

Si le président du Parlement ne tente pas de forcer son investiture en son absence, Carles Puigdemont peut espérer y assister en se rendant d'abord auprès de la justice ou de la police, avant de demander à assister à la séance d'investiture. Restera à savoir si le camp indépendantiste acceptera de prendre le risque d'investir un président aux rendez-vous judiciaires multiples à venir. L'heure du sacrifice le député ERC (indépendantiste de gauche et allié de Puigdemont) Joan Tarda, qui s'exprimait auprès de La Vanguardia, ce dimanche, les choses étaient claires : "S'il le faut, nous devront sacrifier Puigdemont". A l'inverse, les députés issus de la liste "Ensemble pour la Catalogne" 

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