Catalogne : exilé à Bruxelles, sous le coup d'un mandat d'arrêt, quel avenir pour Carles Puigdemont ?

INDEPENDANTISTES - Le président catalan destitué, en exil à Bruxelles, est visé par un mandat d'arrêt européen après avoir refusé de comparaître devant la justice espagnole. Il souhaite pourtant se présenter aux élections régionales de décembre. Quelles sont les perspectives pour le leader indépendantiste ?

Il est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen depuis vendredi soir. Carles Puigdemont, le président destitué de Catalogne est en exil à Bruxelles, une semaine après la proclamation de la "République de Catalogne" et la mise sous tutelle de la région par Madrid. 


Il est arrivé lundi dernier en Belgique avec quatre responsables catalans alors qu'ils devaient être entendus dans la semaine par la justice espagnole, que le leader indépendantiste accuse d'être "politique" dans une interview donnée vendredi à la chaîne belge RTBF. La moitié des responsables de son ancien gouvernement, restée en Espagne, a été interpellée. 


A ce stade, quelles sont les options qui s'offrent à l'ex-président catalan ?

Quel rôle va jouer la justice belge ?

La première étape pour le responsable catalan est l'examen du mandat d'arrêt européen par le parquet fédéral belge. Il est poursuivi pour "sédition, rébellion et malversation", accusé d'avoir organisé "un mouvement d'insurrection active". Pour répondre à la demande d'extradition de l'Espagne, la justice belge devra évaluer si les infractions invoquées par le parquet espagnol existe dans son propre droit, et si une extradition n'est pas susceptible de porter atteinte aux droits fondamentaux, et en particulier à un procès équitable. Il est cependant très rare qu'un juge s'oppose à une extradition entre deux pays de l'Union européenne. D'autant que Carles Puigdemont a indiqué qu'il ne demanderait pas l'asile à la Belgique. 


Selon la procédure en vigueur en Belgique, le chef catalan et ses proches recevront une convocation devant un juge d'instruction belge, à honorer sous 24 heures. Le juge d'instruction statuera aussi sur l'opportunité de la détention. L'ex-président de Catalogne pourra soit accepter le mandat d'arrêt, et être alors très vite remis aux autorités espagnoles, soit le refuser et engager un recours.

En vidéo

Carles Puigdemont toujours en fuite, ses ministres en prison

Que risque-t-il en Espagne ?

S'il est effectivement extradé vers l'Espagne, Carles Puigdemont devra répondre des chefs d'accusation de "rébellion, sédition et malversation". S'il est effectivement inculpé, puis reconnu coupable, il peut être condamné à une peine de prison pouvant aller jusqu'à 30 ans. En tant que citoyen de l'Union européenne, il pourrait, le cas échéant, se tourner vers la justice européenne. 

Qu'attend-il de son séjour à Bruxelles ?

"Puigdemont a énormément surpris par sa fuite en Belgique et son comportement imprévisible", a estimé le politologue Joan Botella. De fait, de nombreuses personnes, y compris chez ses partisans, n'ont pas compris la ligne de conduite - improvisée ou bien planifiée - adoptée par le leader catalan depuis la proclamation d'indépendance il y a une semaine, et la mise sous tutelle de la région par Madrid. 


S'il dit se tourner vers la justice belge parce qu'il ne croit pas à l'impartialité du parquet espagnol, Carles Puigdemont est aussi à Bruxelles pour faire du centre névralgique de l'Union européenne une tribune internationale. Il a d'ailleurs indiqué vendredi ne "pas avoir peur" de rencontrer, à Bruxelles, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Mais pour l'heure, aucun responsable de l'Union européenne ne l'a rencontré et plusieurs Etats-membres ont apporté leur soutien au gouvernement espagnol. 

Peut-il être candidat aux élections de décembre ?

Le leader indépendantiste en exil a indiqué vendredi soir à la RTBF qu'il était prêt à être de nouveau candidat aux élections régionales convoquées le 21 décembre par Mariano Rajoy. En Catalogne, les responsables de plusieurs partis indépendantistes se sont dit prêts à préparer une liste d'union. D'ici là, une grande manifestation est prévue le 11 novembre, et un syndicat indépendantiste a appelé à la grève générale à partir de mercredi prochain. 


S'il peut effectivement se présenter aux élections, le sort de Carles Puigdemont dépend largement, aujourd'hui, du choix de la justice belge puis, le cas échéant, des poursuites qui pourraient être engagées par le parquet espagnol. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Indépendance de la Catalogne : la crise sans fin avec Madrid

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter