Catalogne : Piqué, ce défenseur de la cause indépendantiste qui n’a pas peur de mouiller le maillot

INDÉPENDANCE – Le défenseur catalan du FC Barcelone, Gérard Piqué, est régulièrement la cible des supporters espagnols qui lui reprochent ses convictions séparatistes. Un engagement qui ne l’empêche pas de continuer à porter le maillot de la sélection espagnole.

Adulé par les supporters de son club le FC Barcelone, Gérard Piqué est loin de faire l’unanimité hors des frontières de la Catalogne. Le reste de l’Espagne a en effet pris en grippe le défenseur catalan, qui n’a jamais caché ses convictions séparatistes. Et le fait d’avoir participé dimanche 1er octobre au référendum interdit sur l’indépendance de la Catalogne et d'avoir critiqué les violences policières lors du scrutin lui a une nouvelle fois valu un lot d’insultes et les huées d'une partie des supporters espagnol.

Par le passé, le footballeur s’est déjà exprimé sur le sujet. En septembre 2014, il s’est dit prononcé "en faveur" d'un vote sur l'avenir de la Catalogne dans l'Espagne après avoir participé à la Diada (que les Catalans considèrent comme leur fête nationale). Une participation qui avait fait tiquer de nombreux supporters de la Roja. Le joueur avait d‘ailleurs dû se justifier. 


"Je crois qu'on ne peut pas douter de moi, cela fait plus de 11 ans que je joue dans les sélections espagnoles et [...] j'ai toujours tout donné et laissé ma peau sur le terrain. Une autre chose bien différente est le fait de me sentir Catalan, d'aller à la Diada, d'être en faveur de la consultation parce que je pense que c'est démocratique et que cela doit se faire", avait déclaré à l'époque l'époux de Shakira.

Une nouvelle polémique éclate en juin 2016 lors de l’Euro en France. Le défenseur est accusé d’avoir fait un doigt d’honneur durant l'hymne espagnol avant le match Croatie - Espagne à Bordeaux. Les réseaux sociaux s’emballent et le joueur doit alors se fendre d’un tweet pour éteindre l’incendie. "J'ai croisé les doigts durant l'hymne. Arrêtons de chercher des polémiques où il n'y en a pas et essayons de gagner l'Euro tous ensemble", écrit-il.

Rebelote quelques semaines plus tard où, cette fois, il lui est reproché d’avoir raccourci les manches de son maillot, où ne figuraient pas deux bandes rouge et jaune que certains ont assimilé à tort au drapeau espagnol. La polémique de trop pour Gérard Piqué, qui annonce la fin de sa carrière internationale à l'issue du Mondial 2018 en Russie. "Ce n'est pas une décision qui date d'aujourd'hui, j'y ai réfléchi. Mais ce qui s'est passé aujourd'hui s'ajoute à tout ce qui s'est passé ces dernières années et il y a des gens qui considèrent qu'il est mieux que je ne sois pas là", déclarait à l'époque le Catalan qui, ce dimanche, a proposé de "se mettre en retrait [...] avant 2018."


A nouveau pris à partie ces derniers jours en raison de son soutien et de sa participation au référendum interdit de dimanche dernier, il a tenté de calmer les esprits ce mercredi en affirmant "sa fierté" de jouer en sélection.  "Il n'est pas possible de remettre en cause mon implication. Je viens ici (en sélection) depuis que j'ai quinze ans. Je considère que c'est une famille", a-t-il assuré. 


Il n’a en revanche exprimé aucun regret sur ses déclarations. "Mais pourquoi ne pas s'exprimer ? Je comprends que des footballeurs ne se mouillent pas, et je le respecte. Ils doivent me respecter aussi", a réclamé celui dont les positions sont souvent tancées par ses coéquipiers en sélection, par exemple Sergio Ramos ou Alvaro Arbeloa. Avant de s’interroger : "pourquoi un footballeur ne pourrait-il pas parler de politique? "

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