Catalogne : d'où viennent les anti-indépendantistes qui ont défilé à Barcelone ?

DANS LA RUE – Après un rassemblement citoyen la veille pour appeler au dialogue entre Madrid et la Catalogne, c’est à Barcelone qu’est organisée une manifestation contre la déclaration unilatérale d’indépendance qui pourrait intervenir ce lundi. Partis politiques, personnalités et citoyens… Les origines des participants sont diverses.

Sauver l’unité du pays. Voilà tout l’enjeu des prochains jours pour ceux qui s’opposent à l’indépendance de la Catalogne, que ce soit au sein de la région autonome ou du reste de l’Espagne. Samedi déjà, des dizaines de personnes vêtues de blanc se sont rassemblées dans plusieurs villes pour réclamer un "dialogue". Une initiative citoyenne au nom bien choisi de "Parlem ? Hablemos ?" " ("On se parle ?", en catalan et en espagnol).

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Catalogne : à Barcelone, ils manifestent pour l'unité du pays

Ce dimanche, c’est à Barcelone qu’une grande marche est organisée par la Societat civil catalana, une association apolitique qui cherche à maintenir le lien avec le reste de l’Espagne. Qui pour défiler à leurs côtés ? Le spectre est assez large chez ceux que l’on pourrait qualifier d’"unionistes", par opposition aux indépendantistes. Des représentants des principaux partis politiques de centre-droit, comme le Parti Populaire et Ciudadanos, seront en première ligne. Si le Parti socialiste catalan ne sera pas représenté en tant qu’organisation, il a plutôt invité ses militants de prendre part à la manifestation et aux rassemblements en faveur du dialogue, rapporte La Vanguardia. Mais comme le signale le journal catalan L'Indépendant, on compte également parmi les manifestants nombre d'associations d'extrême droite et d'obédience franquiste. La Phalange, Vox ou Plataforma per Catalunya, font ainsi partie des organisations qui ont appelé à manifester ce jour.

Le président de la Catalogne Carles Puigdemont nous a oubliés (...) et a fait de nous des citoyens de seconde zoneJaime, 53 ans

L'écrivain hispano-péruvien Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature, doit prendre la parole et lire un texte contre l'indépendance à l'issue du rassemblement. Parmi la foule attendue nombreuse, figureront une majorité de citoyens anonymes que les médias espagnols qualifiaient avec la même expression : la "majorité silencieuse". Celle qui n'a pas pris part au référendum interdit marqué par des violences policières la semaine dernière. Le gouvernement séparatiste catalan s'est félicité de voir le "oui" obtenir 90% des suffrages lors d'un vote au faible taux de participation (2,26 millions de votants, soit 42,3%).

Mais difficile de  mettre en lumière des chiffres qui ne peuvent être totalement vérifiés. Le scrutin, jugé anticonstitutionnel par la justice espagnole, a été entaché de violences, d'urnes non scellées et de bureaux fermés trop vite. Un dernier sondage publié ce dimanche par le quotidien La Razon avance que 79,4% des Espagnols et 58,9% des Catalans sont opposés à une déclaration unilatérale d'indépendance. "Ils sont déjà fatigués qu'on les appelle la majorité silencieuse", écrit le journal qui donne la parole à certains de ceux qui devaient participer à la marche de ce dimanche. "Le président de la Catalogne Carles Puigdemont nous a oubliés [...] et a fait de nous des citoyens de seconde zone", explique Jaime, 53 ans. Une marche qu'ils espèrent historique en termes de participants dans l'histoire catalane.

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