Catalogne : rentrer ou pas, gouverner mais pour faire quoi ? Les dilemmes de Carles Puigdemont

Catalogne : rentrer ou pas, gouverner mais pour faire quoi ? Les dilemmes de Carles Puigdemont

Quelques jours après l'obtention par le camp indépendantiste d'une majorité absolue à l'Assemblée catalane, la question du retour du président déchu de la région ne s'est jamais autant posée.

Un dilemme se pose pour le président déchu de Catalogne Carles Puigdemont. Vainqueur relatif des élections régionales du 21 décembre, obtenant, avec les autres listes indépendantistes, la majorité absolue à la Generalitat, le président déchu n'est pas pour autant dans une position de force. En effet, la victoire des séparatistes de la Cup, d'ERC et d'Ensemble pour la Catalogne les place malgré tout derrière Ciudadanos et sa cheffe, Inès Arrimadas, parti le plus puissant au sortir du scrutin. 

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Une situation que n'a pas manqué de souligner Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol et ennemi juré de Puigdemont, qui a assenné, au soir des résultats, n'envisager de s'asseoir qu'avec "celle qui a remporté ces élections, Madame Arrimadas". 

Dans ces conditions, l'ancien maire de Gérone a beau vouloir "revenir en Catalogne le plus tôt possible", voire "dès maintenant", la situation est loin d'être simple, puisqu'il est toujours sous le coup de menaces judiciaires pour avoir déclaré illégalement l'indépendance le 26 octobre dernier. "Si je ne suis pas autorisé à être président, ce sera une anomalie pour le système démocratique espagnol", a-t-il indiqué dans un entretien à Reuters samedi 23 décembre.

La République comme objectif

Du côté de sa défense, on se veut toutefois plus prudent. "Mon conseil c'est d'évaluer la situation car au moment où il reviendrait ici, il serait arrêté. [...] Il faut mesurer si cela vaut la peine, s'il peut faire davantage dedans que dehors." Du côté de ses alliés putatifs, et notamment d'ERC, on multiplie les appels du pied pour son retour : "Nous vous attendons pour que vous dirigiez la Generalitat avec le vice-président Junqueras", lui-même emprisonné, a ainsi clamé le porte parole du parti de gauche indépendantiste. 

Du côté de la gauche anticapitaliste, la Cup, qui a perdu 6 sièges par rapport à la précédente législature, on conditionne son soutien à Puigdemont au maintien de son objectif : la mise en place du processus d'indépendance et de création de la République. Des exigences qui rappellent forcément la menace de prolongement de la mise sous tutelle qui pèse sur Catalogne, toujours régie par l'Espagne par le biais de l'article 155 de la Constitution. 

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