Ce qu'il faut savoir du regain de tensions entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan

Ce qu'il faut savoir du regain de tensions entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan

BIS REPETITA - Les deux parties sont en "pourparlers", après que l'Arménie a accusé son voisin, jeudi, d'avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de territoires au bord du lac Sev.

Après le Nagorny Karabakh, le lac Sev. Jeudi 13 mai, l'Arménie a accusé son voisin azerbaïdjanais d'avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de territoires au bord de ce petit lac, situé en haute montagne. Un épisode qui survient après celui de l'automne 2020, lorsque les deux États s'étaient affrontés pour le contrôle du Nagorny Karabakh, région séparatiste arménienne en territoire azerbaïdjanais. Malgré un cessez-le-feu signé sous l'égide de Moscou et le déploiement de soldats de la paix russes, les tensions persistent dans la région.

L'Azerbaïdjan, qui avait reconquis le territoire bordant le lac Sev, à l'automne, a rejeté ces récentes accusations, qu'il a qualifiées d'"ahurissantes". Bakou a par ailleurs affirmé avoir déployé des gardes-frontières sur son propre territoire.

Des troupes azerbaïdjanaises en Arménie ?

"C'est une infiltration subversive", avait lancé, jeudi, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, lors d'une réunion extraordinaire de son conseil de sécurité, selon des propos cités dans un communiqué officiel. Il assurait aussi que les troupes azerbaïdjanaises s'étaient avancées de trois kilomètres à l'intérieur des frontières arméniennes au Sud et qu'elles voulaient "faire le siège" du lac Sev. 

Le vice-Premier ministre arménien, Tigran Avinian, a toutefois indiqué, vendredi après-midi, que des "pourparlers ont lieu avec la partie azerbaïdjanaise, mais qu'à l'étape actuelle, il n'y a pas de résultat". "Nous devons être prêts au pire, à défendre notre territoire souverain". Le Parlement du pays a prévu de débattre de cette crise. 

De son côté, le chef de la diplomatie azerbaïdjanaise, Djeyhoun Baïramov, s'est entretenu avec un haut responsable du département d'État américain et a affirmé vouloir "une normalisation de la situation". Il a par ailleurs confirmé que des pourparlers étaient en cours.

Les États-Unis, qui maintiennent de bonnes relations avec les deux rivaux, ont déclaré vendredi avoir pris connaissance de rapports évoquant un retrait des troupes azerbaïdjanaises, les appelant une nouvelle fois à quitter le territoire arménien. "Les mouvements militaires dans des territoires au centre d'un contentieux sont irresponsables et inutilement provocateurs", a déclaré une porte-parole du département d'État américain, Jalina Porter. "Nous attendons de l'Azerbaïdjan qu'il retire immédiatement ses troupes et cesse toute nouvelle provocation".

L'Arménie se tourne vers la Russie

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, avait annoncé saisir l'Organisation du traité de la sécurité collective lors d'une conversation avec le président russe Vladimir Poutine, selon le site internet de la primature. Cet accord prévoit à son article 2 dans de tels cas des consultations en vue de mesures pour "écarter les menaces" pesant sur l'intégrité territoriale d'un État membre.

Le Kremlin a indiqué que Vladimir Poutine avait insisté sur la nécessité pour l'Arménie et l'Azerbaïdjan de respecter l'accord de cessation des hostilités signé sous son égide en novembre après six semaines de guerre meurtrière pour le contrôle du Nagorny Karabakh. Selon le porte-parole de la présidence russe, le dirigeant arménien "a communiqué sa préoccupation au président Poutine", mais "Pachinian n'a pas demandé de l'aide".

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Jeudi soir, Emmanuel Macron avait souligné "la nécessité d'un retrait immédiat des troupes azerbaïdjanaises du territoire arménien". "Le président de la République a rappelé l'attachement de la France à l'intégrité territoriale de l'Arménie", précisait les services du chef de l'État, alors que ce dernier et le Premier ministre arménien ont eu un entretien téléphonique jeudi au sujet "des développements en cours à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan". Le président français "étudie la possibilité d'inscrire la question à l'ordre du jour du Conseil de sécurité de l'ONU", a d'ailleurs ajouté Nikol Pachinian vendredi.

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a de son côté affirmé que l'UE suivait avec "inquiétude" ces évènements, ajoutant que "la délimitation et la démarcation des frontières doivent être résolues par des négociations".

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