Ce que le Brexit pourrait changer pour... l'économie britannique (et la nôtre)

Ce que le Brexit pourrait changer pour... l'économie britannique (et la nôtre)

DÉCRYPTAGE - C'est officiel, l'Angleterre sortira de l'Union européenne. Quel impact sur le PIB britannique et les échanges du pays avec ses voisins du Vieux continent en cas de sortie de l'Union européenne ? Éléments de réponse.

Il est encore trop tôt pour déterminer l'impact que le vote des Britanniques en faveur du Brexit aura sur la vie économique du pays... et de ses voisins. Pourtant, la chute des valeurs boursières en Asie et de la livre sterling laisse entrevoir l'essentiel : les acteurs financiers et économiques dominants n'étaient pas favorables à une sortie de l'UE. Metronews regarde les conséquences un peu plus dans les détails.

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► Quel effet sur le PIB britannique ?
A l’annonce du scrutin en 2015, la Confédération de l’industrie britannique (CBI) qui regroupe plus de 240.000 entreprises, s’était rapidement positionnée pour le maintien du pays dans l’UE, chiffrant la perte économique entre 2 et 5% du PIB. Un déficit bien en dessous des pronostics de la fondation allemande Bertelsmann Stiftung , qui avance un repli du PIB britannique de 14% d'ici 2030. Mais le coût d’un Brexit pourrait se révéler moins exorbitant pour le pays, si un accord commercial global de libre-échange était signé avec l’Union européenne, comme c'est le cas avec certains pays non membres de l'UE.

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► Et quel effet pour les voisins européens (et surtout la France) ?
Si cet accord n'intervenait pas, la France serait directement impactée révèle une étude du cabinet Euler Hermes . Dans le pire des cas, les entreprises françaises pourraient enregistrer jusqu'à 3,2 milliards d'euros de pertes additionnelles à l'export d’ici 2019. Le désinvestissement des entreprises françaises au Royaume-Uni, ainsi que celui des entreprises britanniques en France, atteindrait 5,2 milliards d'euros en cas de sortie sans accord de libre-échange. "Un Brexit ne peut avoir que des effets négatifs sur l'activité économique en France, que ce soit à travers la baisse de la livre sterling ou suite à une éventuelle récession", a assuré Juliette Bertiaux, experte auprès de la Chambre de Commerce et d'Industrie Paris Ile-de-France.

Depuis son entrée dans l’Union européenne en 1973, le Royaume-Uni réalise la majorité de ses relations commerciales (55%) avec le continent. Grâce à cette adhésion et à la chute des barrières douanières, le pays avait obtenu le libre-échange des biens, des personnes et des marchandises, ce qui avait contribué à sa bonne santé économique. Un départ de l’UE, pourrait entraîner le rétablissement des frontières, la perte de ces droits et  selon  le Figaro , une hausse du prix des médicaments (4,5%), du secteur automobile (10%), ainsi que l’explosion du prix des cigarettes.


► Tabac, médicaments, automobile : la hausse des prix
Selon un récent rapport de l’OCDE, le prix du paquet de cigarettes pourrait en effet augmenter de 20% si le Royaume-Uni sortait de l’Union européenne et passer de 9,60 livres (12,5 euros) à 12,74 livres (16,50 euros). Soit une augmentation approximative de 600 livres par fumeur et par an (780 euros). Comme le souligne  The Sun , la Grande-Bretagne importe actuellement près de 47% de son tabac depuis l’UE et devrait, si elle s’émancipait du continent, payer les droits de douane.

Pour sa part, l’industrie pharmaceutique britannique mène également campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l’Union. Jusqu’à présent, la mise sur le marché d’un médicament dépendait de l’Agence européenne des médicaments (EMA), ce qui assurait aux patients, une prise en charge rapide. Si le pays quittait l’UE, il se risquerait à perdre ces avantages. Certaines sociétés du médicament, lesquelles sont majoritairement opposées à un Brexit, redoutent des délais plus importants et des patients pénalisés. Dans un pareil cas, le pays devrait certainement fonder sa propre institution de régulation.

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Même constat alarmant du côté des constructeurs automobiles, qui s’opposent majoritairement à une sortie de l’UE. Dans un communiqué relayé par  l’Argus , la direction de Toyota UK s’alerte : "Quasiment 90% de nos véhicules sont exportés, et 75% de notre production est réalisée pour les consommateurs de l'UE. Si l'Angleterre quitte l'Union européenne, il est fort peu probable que le Royaume puisse maintenir ses arrangements commerciaux (...) Cela signifierait une hausse des coûts, des voitures plus chères pour les clients, et un impact négatif sur les ventes". La Society of Motor Manufacturers & Traders (SMMT) qui regroupe les principales marques de constructeurs anglais, estime quant à elle que rester dans l’Union européenne est "la meilleure solution pour le business et les emplois britanniques".


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Moins de compétitivité pour le tourisme
Si le Royaume-Uni venait à quitter l’UE, la livre sterling pourrait perdre 25 à 30% de sa valeur par rapport à l’euro et au dollar, ce qui alarme également les professionnels du tourisme locaux et étrangers. A l’occasion de sa campagne du "remain", le Premier ministre David Cameron avait indiqué que dans ce cas, une famille britannique de quatre personnes serait obligée de débourser en moyenne 230 livres supplémentaires (291 euros) pour partir en voyage. Un chiffre alarmiste confirmé par Nina Kapur, en charge des relations publiques à  l'ABTA, l'Association des agents de voyage britanniques . Selon elle, les Britanniques seraient les premiers à pâtir de cette chute de la livre sterling.

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Mais les professionnels du tourisme qui travaillent essentiellement avec l’Angleterre n’en demeurent pas moins inquiets. En Normandie, certains d’entre eux savent que si le Royaume-Uni sortait de l’UE, les délais seraient plus longs dans les ports et la compétitivité mauvaise. D'après  France TV Info , Honfleur accueille 3,5 millions de visiteurs par an, parmi lesquels 600 000 Anglais. Si leur pouvoir d’achat baissait par rapport à celui de leurs pays voisins et notamment de la France, les Britanniques seraient beaucoup moins nombreux sur la cote.

Mais un Brexit impacterait également le prix des billets d'avion. Comme le rappelle  le site du Centre d’informations sur l’Europe , l'entrée en vigueur des accords de ciel de 1992, avait fait chuter de 40% le coût des voyages en avion et augmenté le nombre de lignes de 180%. En cas de Brexit, les compagnies aériennes britanniques telles que Easy Jet - majoritairement opposées à l'idée de sortir de l'UE - devront renégocier leurs autorisations de vol avec chacun des 27 pays membres du continent, ce qui engendrerait pour elles, des coûts supplémentaires et sans doute une hausse du prix des billets.

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