Ce que le Brexit pourrait changer sur... l'immigration

Ce que le Brexit pourrait changer sur... l'immigration

DECRYPTAGE - Les résultats sont tombés : les Britanniques ont choisi de sortir de l'Union européenne. Quel impact cette décision peut-elle avoir sur la politique d'immigration outre-Manche ? Que vont devenir les millions de ressortissants européens domiciliés en Grande-Bretagne ? Quid de la crise des migrants ? Eléments de réponse.

C'est officiel, le Royaume-Uni va quitter l'Union européenne. Le suspense a pris fin vendredi au petit matin après une campagne acharnée entre pro et anti-Brexit, dans laquelle le thème de l’immigration avait une grande place. L’annonce des chiffres de l’immigration nette pour l’année 2015 – 330.000 personnes, principalement de l’Union européenne - a constitué un véritable électrochoc pour les Anglais, à qui le Premier ministre David Cameron avait assuré qu’il limiterait ce chiffre à 100.000 par an.

► La porte ouverte à l’immigration clandestine

Mais quel impact réel va avoir une sortie de l’Union européenne, sur l’immigration extra-européenne et plus précisément sur la crise des réfugiés venus du Moyen-Orient en guerre ? En mars dernier, Emmanuel Macron avait prévenu dans un entretien accordé au Financial Times , qu’en cas de Brexit, la France ne retiendrait plus les migrants à Calais , rejoignant ainsi le Premier ministre britannique David Cameron, qui avait précisé en février dernier, qu’il n’y aurait plus rien "pour empêcher des milliers de personnes de traverser la Manche du jour au lendemain".

EN SAVOIR + >> Tout comprendre du Brexit 

Une référence au  traité du Touquet , signé en 2003 par les ministres de l’Intérieur de la France et du Royaume-Uni pour renforcer la coopération franco-britannique dans le domaine de l’immigration clandestine qui pourrait être remis en question. Une telle conséquence avait également été évoquée par François Hollande lors du 34e sommet franco-britannique qui s’était tenu en mars dernier à Amiens. Le chef de l’Etat avait alors spécifié qu’une "sortie de la zone euro ne remettrait pas en cause les relations historiques et amicales" des deux pays, mais aurait "des conséquences sur la manière française de gérer les migrations".

Halte à l’immigration européenne

Outre l’immigration clandestine, l’immigration européenne a constitué également un enjeu majeur du débat. En 2004, le Royaume-Uni et la Suède ont été les deux premiers pays à accorder l’accès au marché du travail aux ressortissants des nouveaux pays de l’UE, tels Chypre ou Malte. En dix ans, environ 1,7 million d’Européens originaires de ces nouveaux pays membres sont venus s’installer sur le sol britannique, sans permis, ni carte de résidence. Principalement des Polonais, des Bulgares et des Roumains.

Un équilibre devenu cependant fragile depuis le début de la crise en 2008, qui a entraîné une chute des salaires et attisé l’hostilité des Britanniques à l’encontre de ces populations de l’Est souvent retranchées à l’extérieur des grandes métropoles. Avec le Brexit, le gouvernement pourrait donc exiger à ces citoyens européens de faire une demande de visa pour régulariser les arrivées. L’avenir des 300.000 Français travaillant outre-Manche, demeure également incertain. La majorité d'entre eux se préparent à déposer une demande de visa. 

L’immigration, l’aubaine économique britannique

Selon  le maire travailliste de Londres Sadiq Khan , l’immigration aurait pourtant représenté un gain de plus de 25 milliards d’euros entre 2001 et 2011. En somme, l’immigration européenne rapporterait plus d’argent au Royaume-Uni qu’elle ne lui en coûterait.

Selon une étude réalisée par l’ University college et citée par  L'Express , "les immigrés récents, c'est-à-dire ceux qui sont arrivés depuis 2000, sont moins enclins à recevoir des aides sociales et à vivre dans des logements sociaux que les ressortissants nationaux". A l’inverse, les Britanniques auraient coûté plus de 700 milliards d’euros à l’Etat. Bien plus que ce qu’ils n’auraient rapporté en impôts. En résumé, selon The Guardian , les Britanniques surestimeraient peut-être simplement la réalité de l'immigration sur leur territoire. 

EN SAVOIR + 
>>  Brexit : mais au fait, que veut la Grande-Bretagne ?
>> David Cameron à Paris : c’est quoi ce "Brexit" qui affole l'Europe ?
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Brexit : une majorité de Français pense que les Anglais vont quitter l’UE

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