Ce qu'il faut savoir sur Aqpa, l'organisation terroriste qui revendique l'attentat de Charlie Hebdo

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DECRYPTAGE - Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), basée au Yémen, qui a revendiqué mercredi l'attaque contre Charlie Hebdo, est la branche la plus active et la plus dangereuse du réseau extrémiste selon Washington.

[MISE À JOUR : Jeudi 7 mai dans la soirée, le SITE, centre américain de surveillance des sites islamistes, a annoncé la mort de Nasser Al-Ansi, le haut responsable d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique. Cet homme, tué des suites de l'attaque d'un drone, s'était fait connaître en France en revendiquant la paternité des attentats contre Charlie Hebdo.]

"Ne pensez pas que l'affaire est finie (...), ce qui est à venir est encore pire, ce qui vous attend est plus intense et plus nocif". En mai 2011, peu après la mort d’Oussama Ben Laden, Nasser Al-Wahichi avait marqué les esprits. Le chef d'Al-Qaida dans la péninsule Arabique (Aqpa) avait alors multiplié les menaces, avant de devenir au fil des mois le chef de la branche la plus dangereuse du réseau extrémiste. Un activisme tous azimuts qui a permis au groupe d’agir en France, comme en témoigne la revendication de l’attentat contre Charlie Hebdo diffusée ce mercredi.

Une montée en puissance qui trouve son origine au Yémen. C’est là où, en février 2006, Nasser Al-Wahichi se fait un nom en s’évadant de la prison de Sanaa avec 22 autres djihadistes. Deux ans plus tard, il annonce officiellement la création d'Al-Qaida dans la péninsule arabique, fusion des branches saoudienne et yéménite du mouvement. Une filiale à l’ascension fulgurante : le 25 décembre 2009, elle a tenté de faire exploser en vol un avion reliant Amsterdam à Detroit. Fin octobre 2010, elle a revendiqué l'envoi par avion-cargo de colis piégés aux Etats-Unis, découverts par la police à Dubaï et en Grande-Bretagne avant leur explosion.

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Un "émirat islamique" dans le sud du Yémen

Une poussée inconcevable sans la situation chaotique dont souffre le Yémen. Surtout depuis 2011 et la tentative de "révolution" populaire visant à faire chuter le président Saleh dans la foulée du Printemps arabe. L’occasion pour Aqpa de s’installer dans plusieurs districts du pays, puis de revendiquer sa volonté d’établir dans le sud du pays un "émirat islamique". Le nouveau pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi a néanmoins réussi à l'en déloger en 2012, repoussant le groupe dans les zones montagneuses avec le soutien des Etats-Unis et de leurs drones. Fin 2012, le numéro deux d'Aqpa, le Saoudien Saïd al-Chehri, est mort dans une frappe de drone. Ancien de Guantanamo, il était passé par un programme de réhabilitation dans son pays avant de refaire surface au Yémen.

Loin des frontières yéménites, Aqpa cherche également à essaimer. Le groupe a en effet appelé à plusieurs reprises ses partisans à s'en prendre à la France, engagée en Irak avec la coalition contre le groupe Etat islamique, mais aussi en Afrique contre des djihadistes. Le magazine d'Aqpa en anglais, "Inspire", destiné à susciter des vocations de "loup solitaire" à l'étranger, a appelé ses partisans à mener des attentats en France et inscrit en 2013 le directeur de la publication de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, Stéphane Charbonnier, surnommé Charb, sur sa liste de personnes à abattre.

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