Centrafrique : cherche perle rare pour présidence

Centrafrique : cherche perle rare pour présidence

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AFRIQUE - Toujours au bord du génocide, la Centrafrique a lancé jeudi le processus de désignation d'un nouveau président de transition. Drastique, le profil du poste élimine quasiment... toute la classe politique du pays.

A la recherche de la perle rare. Depuis mercredi, les membres du parlement provisoire centrafricain (CNT) se sont mis en quête d'un nouveau président de transition pour le pays. Le poste est en effet vacant depuis que Michel Djotodia a été acculé à la démission vendredi dernier. Après deux jours de tractations, les parlementaires se sont mis d'accord jeudi sur 17 critères d'éligibilité. Les candidats ont désormais deux jours pour se déclarer, avant un vote du CNT prévu lundi matin.

Si la discussion a été si compliquée, c'est que le profil du poste est drastique, éliminant notamment toute personne ayant été membre d'une rébellion ou d'une milice au cours des vingt dernières années, ainsi que tous les parlementaires… "C'est cuit pour 99% des politiciens !", relève pour metronews Thierry Vircoulon, responsable pour l'Afrique centrale d' International Crisis Group . Sur la liste, qui doit être finalisée d'ici à samedi, bon nombre de noms pourraient donc être largement inconnus.

Trouver un équilibre entre chrétiens et musulmans

Quoi qu'il en soit, l'élection du président ne signifiera pas la fin de l'imbroglio politique. Il repartira même de plus belle, souligne le spécialiste : "ensuite, il faudra désigner un Premier ministre puis un gouvernement. La vacance du pouvoir pourrait donc encore durer plusieurs semaines". Car ces discussions aborderont un autre problème crucial : l'équilibre entre chrétiens (majoritaires dans le pays) et musulmans (qui composent la rébellion Séléka).

"Il faudra rassurer la communauté musulmane", prévoit Thierry Vircoulon. Sans cela, difficile en effet d'espérer mettre fin aux tueries interreligieuses qui ensanglantent le pays depuis des mois. Or sur le terrain, le temps presse. Si Bangui connaît une accalmie - très précaire - suite à l'opération française Sangaris, le reste du pays reste livré à la violence. Tous les éléments restent réunis pour un génocide, a encore rappelé l'ONU jeudi, n'hésitant pas à faire le parallèle avec deux exemples terribles : "le Rwanda et la Bosnie".

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