Centrafrique : l'Union européenne lance son intervention militaire

Centrafrique : l'Union européenne lance son intervention militaire

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INTERNATIONAL - Après des mois de blocage, le Conseil européen a annoncé mardi vouloir intervenir en Centrafrique. Environ 1000 soldats doivent renforcer les troupes françaises et africaines déjà présentes sur place.

Le ministre de la Défense, Jean-Louis Le Drian, voulait que les Européens soient "au rendez-vous". Il a enfin eu gain de cause. L'Union européenne a en effet lancé mardi son opération militaire en Centrafrique, après avoir mis des mois à rassembler les troupes nécessaires, et alors que le pays connaît un regain de violence.

Le Conseil européen "a lancé ce jour une opération militaire en République centrafricaine afin de contribuer à la création d'un environnement sécurisé dans ce pays" plongé dans les tueries interreligieuses, selon un communiqué. La force comprendra jusqu'à 1000 soldats dirigés par le Français Philippe Pontiès. Elle vient renforcer les troupes françaises de l'opération Sangaris (2000 hommes) et celles de la force africaine Misca présente de longue date et composée de 6000 hommes environ.

24 personnes tuées samedi à Bangui par des soldats tchadiens

En suspens depuis des semaines, ce feu vert a été rendu possible grâce aux contributions de dernière minute de l'Italie, qui a offert des véhicules et une quarantaine d'hommes, ainsi que de l'Allemagne et du Royaume-Uni, qui ont mis à disposition des avions de transport de troupes, selon une source européenne.

Cette annonce tombe à point nommé. Le même jour, la présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, de passage à Paris avant le sommet de Bruxelles, a annoncé l'ouverture d'enquêtes après la mort d'au moins 24 personnes, tuées samedi à Bangui dans des circonstances peu claires impliquant l'armée tchadienne présente dans la capitale. Accusée, d'avoir tiré dans la foule, celle-ci plaide la légitime défense contre une attaque de milices chrétiennes anti-balaka.

Quoiqu'il en soit, ce nouvel épisode sanglant s'inscrit dans le droit fil de poussées régulières de violence, comme la capitale en connaît encore beaucoup un an après le début de cette crise. Assassinats de chrétiens par des musulmans, et vice versa, attaques à la grenade, pillages : Bangui peine à sortir du chaos. François Hollande s'en est ému mardi, jugeant que la situation sécuritaire en Centrafrique s'était "dégradée". Le renfort européen est donc bienvenu.
 

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