Centrafrique : nouveau "pic de violence" un an après le début de la crise

Centrafrique : nouveau "pic de violence" un an après le début de la crise

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VIOLENCES - Un an après le renversement du régime de François Bozizé, la situation reste très tendue en Centrafrique, où des affrontements entre groupes armés ont tué une vingtaine de personnes ces derniers jours à Bangui. La crise est profonde dans un pays qui attend désespérément l'intervention d'une force internationale toujours plus hypothétique.

Un an presque jour pour jour après le renversement du régime de François Bozizé par la coalition rebelle Séléka, le 24 mars 2013, la situation reste dramatique en Centrafrique . Pour preuve, Bangui est en proie à une nouvelle flambée de violences qui a causé la mort d'une vingtaine de personnes ces derniers jours. Le regain de tension s'est opéré le week-end dernier, marqué par des affrontements entre groupes armés dans les quartiers de la capitale où subsistent des musulmans, pris d'assaut depuis des semaines par des miliciens majoritairement chrétiens anti-balaka.

"Au moins une quinzaine de corps a été enlevée par des volontaires" depuis samedi, a déclaré sous couvert d'anonymat un responsable de la Croix-Rouge centrafricaine. Médecins sans frontières, de son côté, a annoncé mardi avoir pris en charge 38 personnes, dont trois sont décédées dans ce que l'organisation qualifie de nouveau "pic de violence". Le bilan a également été alourdi par les ripostes des forces armées internationales, l'africaine Misca et la française Sangaris ayant tué huit anti-balaka dans des échanges de tirs.

"Arrêter cette descente aux enfers"

Après un an de chaos et le déplacement de près d'un million de personnes, la Centrafrique s'enfonce donc dans la crise. Les 8.000 hommes présents sous l'égide des forces Sangaris et Misca n'ont pu rétablir la stabilité dans un pays qui attend désespérément une nouvelle aide extérieure. Une force européenne devait les épauler la semaine dernière, mais les événements en Ukraine ont empêché sa mobilisation.

"Il faut qu'une opération se réalise dans les meilleurs délais, nous voulons arrêter cette descente aux enfers", a encore plaidé cette semaine l'archevêque de Bangui, qui a appelé, avec l'imam et le chef de la communauté protestante centrafricaine, les Etats-Unis et l'ONU au déploiement d'une force internationale. Seule réponse pour l'heure : un silence assourdissant.

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