Ces décisions hallucinantes prises par la Chine en marge du G20

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UBUESQUE - Des usines arrêtées pour garantir un ciel bleu, des habitants en vacances forcées, des amendes prohibitives infligées… Certaines décisions parfois grotesques prises par la Chine en marge du G20 ont donné à Hangzhou des airs de ville fantôme.

L’obsession de l’apparence. Obnubilées par le souci d'offrir une image d'ordre et de modernité, les autorités chinoises ont donné à la métropole d’Hangzhou, où le G20 a débuté ce dimanche, des airs de ville déserte, à coup de décisions parfois grotesques.

Des usines fermées pour garantir un ciel bleu et une pollution moindre aux exorbitantes amendes infligées en cas de linge suspendu aux fenêtres, en passant par le déplacement forcé de millions d’habitants, voici les trois mesures les plus hallucinantes prises par la Chine en marge du sommet. 

1. Des milliers d’usines à l’arrêt pour garantir un ciel bleu

Pour empêcher qu'une chape de pollution ne ternisse l'éclat du G20, des milliers d’usines ont dû fermer pour 12 jours dans un rayon de 300 km autour d’Hangzhou. Même à Shanghai, poumon économique du pays, quelque 250 usines ont été fermées. 

"Beaucoup d'usines perdent énormément d'argent", se désole une employée d'un fabricant de chaussettes. "Pour un sommet de seulement deux jours ! C'est une question d'image ?"

2. Des millions d’habitants en vacances forcées

Plus de 2 millions de résidents, sur les 9 millions que compte Hangzhou, ont dû quitter les lieux avant le sommet. Les entreprises ont notamment reçu l'ordre d'accorder à leurs employés une semaine de congés payés. Des excursions gratuites sont par ailleurs proposées par des sociétés publiques, soucieuses de vider la ville de sa foule.

Pour éviter les manifestations qui accompagnent traditionnellement les sommets du G20, les autorités ont également éloigné de nombreux militants. 

C’est le cas d’un habitant de Chengdu, ville pourtant distante de près de 2000 kilomètres, qui cherche à attirer l'attention sur la démolition abusive de son domicile. "Ils appellent ça des vacances ! En réalité, c'est une restriction de ma liberté. Ils avaient peur que j'aille à Hangzhou", a-t-il déploré.

3. Des amendes prohibitives pour chasser le linge des rues

Les interdictions pleuvent à Hangzhou depuis l’approche du G20. Outre les drones ou les feux d’artifice, les autorités ont décidé de faire la chasse au linge suspendu aux fenêtres. "Il est interdit de faire sécher des vêtements sur les balcons", rappelle ainsi une affichette, promettant des amendes de 1000 yuans (134 euros) aux contrevenants.

Une somme colossale pour les habitants de la ville, où le salaire minimum s’élevait à 1860 yuans (249 euros) en septembre 2015, selon une étude du cabinet de conseil Dezan Shira & Associates, spécialisé dans les investissements en Asie. 

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