Ces femmes aux seins nus que New York veut chasser de Times Square

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CACHEZ CE SEIN – Le maire de la ville de New York et le gouverneur de l'Etat ne veulent plus voir de jeunes femmes déambuler à demi-nues à Times Square à la recherche de pourboires. Vêtues d'un simple string, les seins cachés par une fine couche de peinture, ces artistes de rues topless sont pourtant devenues depuis quelques temps une attraction touristique à Manhattan.

Elles ont beau être tout aux couleurs patriotiques, elles ne sont sont pas du goût des autorités. A New York, la douzaine de femmes qui paradent seins nus à Times Square et demandent des pourboires aux touristes en échange d’une photo sont dans le collimateur du maire de la ville, Bill de Blasio, et du gouverneur de l’Etat, Andrew Cuomo. Ils estiment qu’elles portent atteinte à l’ambiance familiale de la célèbre place. "Ce n'est pas bien. Nous allons nous y attaquer de façon très agressive", a déclaré le premier mardi. "Je pense que c'est illégal, je pense que nous devons appliquer la loi et nettoyer tout ça et c'est exactement ce que nous allons faire", a renchéri le second mercredi sur NY1 .

100 à 1000 dollars la journée

L’apparition de ces femmes se baladant topless au milieu des néons et des immenses panneaux publicitaires de Times Square remonterait à 2013, note le New York Times , mentionnant de premiers posts sur les réseaux sociaux. Elles, ce sont les "desnudas" ("dénudées", en espagnol), comme elles se surnomment elles-mêmes, la plupart étant d’origine latino-américaine. Juchées sur de hauts talons, elles sont vêtues d’un simple string , le corps peint d’étoiles sur fond bleu et de bandes blanches et rouges - à l’image du drapeau des Etats-Unis -, un N et un Y inscrit sur les fesses. Un accoutrement qui laisse peu de place à l’imagination, au point qu’elles font presque de l’ombre à une attraction historique de la place, le "naked cowboy".

Les touristes sont nombreux à se prêter au jeu et à laisser quelques billets en échange d’un cliché. Mey Ovalles, l’une de ces "artistes de rue", indique au New York Times toucher de 5 à 20 dollars pour chaque photo. Originaire du Venezuela, elle était serveuse dans un restaurant de Miami avant de venir s’installer à New York en avril. Depuis, ses revenus journaliers varient mais tournent en moyenne autour de 300 dollars. Soit 100 dollars de plus que ce qu’elle touchait précédemment en tant que serveuse. Lucky, interrogée par le magazine Time , dit elle toucher de 100 dollars dans les mauvais jours à 1000 dollars les jours où ça marche bien. Elle travaillait auparavant pour le compte de quelqu’un, jusqu’à ce qu’elle en ait marre de reverser 70% de ce qu’elle gagnait. Elle est maintenant à son compte et se consacre à cette activité toute l’année. En été, elle économise pour la période hivernale, plus calme. "J’adore ça, vraiment", assure-t-elle.

Plaintes

Mais tout le monde n’a pas envie de voir des femmes déambuler à demi-nues au cœur de Manhattan. La Times Square Alliance, l'association qui supervise les activités du quartier, fait état de nombreuses plaintes ces derniers temps : les "desnudas" seraient en cause dans pas moins de quatre e-mails de réclamation sur cinq, soit parce que les visiteurs se disent choqués par leur nudité, soit parce qu’ils déclarent avoir été harcelés pour un pourboire.

Or, les autorités n’ont guère de marge de manœuvre pour chasser ces jeunes femmes de l’intersection entre la 42e rue et Broadway. Depuis une loi datant de 1992, il est légal pour les femmes de se promener torse nu à New York. Les seules choses qui pourraient leur être reprochées sont les sollicitations agressives et la mendicité agressive, souligne CBS . Le démocrate Bill de Blasio, à la tête de la ville depuis 2013, avoue lui-même ne pas avoir en l'état les moyens de ses ambitions. "En tant que progressiste qui croit dans les libertés civiles et dans le Premier amendement (de la Constitution américaine, permettant de se promener dans la rue dans n'importe quel costume, Ndlr), je comprends le défi au niveau légal". Mais d'avertir : "Je vous le garantis, je ne vais pas le tolérer. Je ne suis pas satisfait du fait que nous ayons déjà épuisé tous les outils de notre arsenal juridique."

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