"Chacals sans dignité !" : Salvini et les populistes italiens accusés de récupération politique après la catastrophe de Gênes

POLÉMIQUE – A peine le pont Morandi s’était-il écroulé que le gouvernement italien pointait déjà des responsables et multipliait les déclarations vindicatives. Une attitude qui suscite de vives critiques dans l’opposition.

Le temps du recueillement aura été bref au sein du gouvernement italien. Dès mardi, alors que les sauveteurs s’activaient dans les décombres du pont écroulé de Gênes, ses hommes forts ont multiplié les déclarations tonitruantes. Dans leur viseur : Autostrade, la société gérant l'autoroute où se trouve le viaduc, leurs prédécesseurs au pouvoir, et l’Europe. 


Mardi après-midi, le ministre de l'Intérieur et patron de la Ligue (extrême-droite),  Matteo Salvini, a ainsi promis qu’il ferait "tout pour avoir les noms des responsables", ajoutant ensuite sur Twitter qu'ils allaient "payer, payer tout et payer cher". Et il n'a pas hésité à blâmer l'Europe : "S'il y a des contraintes européennes qui nous empêchent de dépenser de l'argent pour sécuriser les écoles où vont nos enfants ou les autoroutes sur lesquelles voyagent nos travailleurs, nous nous mettrons toujours en avant la sécurité des Italiens".

 Le vice-Premier ministre et chef de file du Mouvement 5 étoiles Luigi Di Maion n'a lui pas attendu les résultats de l'enquête pour assurer que le pont ne s'était "pas écroulé par fatalité" mais parce que la maintenance n'avait "pas été faite". "Les responsables ont un nom et un prénom, et ce sont Autostrade per l'Italia", a martelé le populiste mercredi matin à la radio. Une incrimination catégoriquement rejetée par le PDG de la société.

"Essaye de te renseigner avant de parler"

Au sein de l'opposition italienne, les accusations de "pillage politique" pleuvent contre le gouvernement et d'autres membres de la La Ligue et du Mouvement 5 étoiles, rapporte La Reppublicca. Le quotidien relève notamment les réactions aux propos du ministre des Transports Danilo Toninelli, qui s'est montré particulièrement prompt pour pointer du doigt "le manque d'entretien" du pont après la tragédie.  Son prédécesseur Maurizio Lupi lui a reproché de faire de la récupération sur le dos des victimes, de même que le membre du Parti démocrate Stefano Esposito. "Au lieu de faire de la propagande politique alors que les secours sont en cours, essaye de te renseigner avant de parler. L’entretien de ce pont est dépendant des compétences d’un concessionnaire non-étatique. Donc fais moi le plaisir ; au moins quelques heures, de te taire afin de respecter les victimes", a-t-il écrit à l'adresse du ministre sur Twitter.

La Reppublicca rapporte également une autre réplique cinglante issue du parti démocrate, celle du député Luciano Nobili répondant à Massimo Baroni, du Mouvement 5 étoiles, qui a profité de la catastrophe pour dire "non aux grands travaux inutiles". "Ceux qui nous gouvernent utilisent la catastrophe pour leur propagande. Chacals sans dignité !", a-t-il lancé.

Mais parmi les déclarations à l'emporte-pièce du gouvernement italien, c'est bien une sortie de Matteo Salvini, dans le tweet ci-dessus, qui a particulièrement indigné : "Par un jour si triste, des bonnes nouvelles", a-t-il osé écrire pour commenter le fait que les autres pays européens s'étaient entendus pour accueillir les migrants de l'Aquarius dont lui ne voulait pas.

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