Chaos au Capitole : "scènes choquantes", "atteinte grave contre la démocratie"... des réactions indignées à travers le monde

Armes dégainées en plein Capitole, drapeau confédéré brandi dans les couloirs, pieds sur le bureau de la speaker Nancy Pelosi… L’envahissement du Capitole par des militants pro-Trump a donné lieu à des scènes à peine croyables.

ÉTATS-UNIS - De nombreuses voix indignées se sont élevées dans la communauté internationale ce mercredi soir devant les images de chaos où des centaines de manifestants favorables au président Donald Trump ont envahi mercredi 6 janvier le Capitole à Washington.

Colère de la communauté internationale devant les scènes de chaos où des centaines de manifestants favorables au président Donald Trump ont envahi mercredi le Capitole à Washington dans un climat insurrectionnel, interrompant la session du Congrès qui devait confirmer la victoire de Joe Biden. 

Le Congrès des États-Unis a suspendu en urgence mercredi une session destinée à certifier la victoire de Joe Biden à la présidentielle après l'irruption de manifestants pro-Trump dans le Capitole. Des manifestants ont pénétré dans les deux chambres, Sénat et Chambre des représentants, ainsi que dans la rotonde du Capitole, où du gaz lacrymogène a été utilisé.

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Le Capitole envahi par des partisans de Donald Trump

Nombreuses sont les réactions dénonçant ce piétinement de la démocratie, à l'instar du chef de l'Otan Jens Stoltenberg qui évoque des "scènes choquantes", martelant que le résultat de cette élection démocratique devait être "respecté". 

Emmanuel Macron : "ce qui s'est passé à Washington n'est pas l'Amérique"

Sa réaction est tombée au milieu de la nuit. Emmanuel Macron a réagi par un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux aux manifestations et à l'intrusion des partisans de Donald Trump dans le Capitole à Washington.

"Ce qui s'est passé à Washington n'est pas l'Amérique", a déclaré Emmanuel Macron en anglais, disant croire en "la démocratie américaine" et appelant à ne pas céder face à "la violence de quelques-uns".

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a condamné plus tôt mercredi "une atteinte grave contre la démocratie". "Les violences contre les institutions américaines sont une atteinte grave contre la démocratie. Je les condamne. La volonté et le vote du peuple américain doivent être respectés", a tweeté le ministre.

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a envoyé, lui, ses "pensées démocratiques et amicales" aux parlementaires américains au Capitole. "J'exprime à la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi mon soutien et mon amitié", a-t-il ajouté dans un tweet.

L'ONU "profondément préoccupé"

Le président de l'Assemblée générale des nations unies Volkan Bozkir s'est dit sur Twitter "profondément préoccupé" par "l'interruption du processus démocratique" avec la suspension de la certification de la victoire de Joe Biden par le Congrès.  De son côté Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU a indiqué qu'il était "attristé" par la tournure des événements.

Les Canadiens "profondément perturbés"

Pays voisin des États-Unis, le Canada a réagi aux violences survenues à Washington D.C. Son Premier ministre Justin Trudeau a fait part de la profonde inquiétude des Canadiens face aux événements qui ont éclaté, qualifiant ces derniers d'"attaque envers la démocratie"

"La violence ne réussira jamais à renverser la volonté du peuple", a ajouté Justin Trudeau sur son compte Twitter. 

"Un assaut inédit contre la démocratie américaine" pour le chef de la diplomatie européenne

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a dénoncé un "assaut inédit contre la démocratie américaine" après l'irruption de manifestants pro-Trump au Congrès, et appelé au respect du résultat de l'élection présidentielle remportée par Joe Biden. 

"Aux yeux du monde, la démocratie américaine apparaît ce soir en état de siège. C'est un assaut inédit contre la démocratie des États-Unis, ses institutions et l'État de droit. Ce n'est pas l'Amérique. Les résultats de l'élection du 3 novembre doivent être pleinement respectés", a tweeté l'Espagnol.

"Le Congrès des États-Unis est un temple de la démocratie. Assister aux scènes de ce soir à Washington est un choc. Nous comptons sur les États-Unis pour permettre un transfert de pouvoir pacifique à Joe Biden", a déclaré pour sa part le président du Conseil européen (institution représentant les Etats membres) Charles Michel sur Twitter.

Le président du Parlement européen David Sassoli a qualifié de "profondément préoccupantes" les scènes qui se sont déroulées au Capitole. "Les votes démocratiques doivent être respectés", a-t-il ajouté sur ce réseau social.

"Je crois dans la force des institutions et de la démocratie américaine. Une transition pacifique en est le coeur", a tweeté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Joe Biden a gagné l'élection. Je me réjouis de travailler avec lui en tant que prochain président des Etats-Unis".

Un piétinement de la démocratie pour Berlin

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a appelé les partisans de Donald Trump à "cesser de piétiner la démocratie" après l'entrée de manifestants dans le Capitole à Washington. "Trump et ses partisans devraient en fin de compte accepter la décision des électeurs américains et cesser de piétiner la démocratie", a-t-il déclaré sur Twitter, ajoutant que "les paroles incendiaires se muent en actions violentes".

"Des scènes honteuses" selon Londres

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dénoncé mercredi des "scènes honteuses" à Washington après l'irruption de manifestants pro-Trump dans le Congrès américain, et appelé à une transition "pacifique et ordonnée" du pouvoir vers le démocrate Joe Biden.

"Scènes honteuses au Congrès américain. Les États-Unis sont les défenseurs de la démocratie dans le monde entier", a-t-il estimé dans un tweet, "et il est désormais vital que le transfert de pouvoir se fasse de manière pacifique et ordonnée". 

"Les États-Unis sont, à juste titre, très fiers de leur démocratie, et rien ne peut justifier ces tentatives violentes pour faire échouer la transition légale et conforme du pouvoir", a jugé le ministre des Affaires étrangères britannique, Dominic Raab.

"Scènes choquantes et profondément tristes à Washington DC, que l'on doit nommer pour ce qu'elles sont : une agression délibérée de la démocratie par un président sortant et ses supporters, qui tentent de renverser une élection libre et légitime", a condamné pour sa part son homologue irlandais Simon Coveney. "Le monde vous regarde !", a-t-il ajouté, appelant à un "retour au calme". Le Premier ministre irlandais Micheal Martin a lui rappelé "le lien profond" de son pays avec les États-Unis, disant observer les événements à Washington avec "beaucoup d'inquiétude et de consternation"

"Incroyable que ce soit les Etats-Unis" réagit la Norvège, "horrible" pour les Pays-Bas

"Ce que l'on voit en ce moment à Washington est une attaque totalement inacceptable contre la démocratie aux Etats-Unis. Le président Trump a la responsabilité d'arrêter cela. Images effrayantes, incroyable que ce soit les Etats-Unis", a réagi la Première ministre norvégienne Erna Solberg.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a, de son côté, qualifié d'"horribles" les images de Washington, et appelé Donald Trump à "reconnaître Joe Biden comme le futur président aujourd'hui".

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Face aux débordements, le président américain Donald Trump a appelé ses partisans à "rentrer chez eux", après que plusieurs centaines d'entre eux ont envahi le Capitole à Washington. "Nous devons avoir la paix. Alors rentrez chez vous. Je vous aime", a-t-il déclaré dans une brève vidéo.

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