Charlottesville : le néonazi qui avait foncé dans un groupe de manifestants reconnu coupable de meurtre

Charlottesville : le néonazi qui avait foncé dans un groupe de manifestants reconnu coupable de meurtre

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SUPRÉMACISTE - En août 2017, un homme d'une vingtaine d'années fonçait au volant de sa voiture sur un cortège de manifestants antiracistes, à Charlottesville, dans l'est des Etats-Unis, tuant une femme. A l'issue de son procès, ce néonazi américain a été reconnu coupable de meurtre aggravé. La sentence sera prononcée ultérieurement.

A l'issue d'un procès qui a duré une dizaine de jours, le jury a estimé que James Field avait délibérément lancé sa voiture dans la foule. Le jeune homme a été reconnu coupable de meurtre aggravé, un an et demi après les faits. La sentence doit être prononcée ultérieurement, le prévenu est passible d'une peine de prison allant de 20 ans à la perpétuité.


Les faits s'étaient déroulés le 12 août 2017, à Charlottesville, une petite ville de Virginie. James Fields avait foncé au volant de sa voiture sur un groupe de manifestants, venus protester contre un rassemblement nationaliste dans cette commune de l'est des Etats-Unis, avant de prendre la fuite. Le drame avait fait un mort : Heather Heyer, 32 ans, et 35 blessés. Rapidement, la ville de Virginie était devenue un symbole de la résurgence de l'extrême droite sous Donald Trump.

Les avocats de James Fields avaient plaidé la légitime défense au cours du procès. Le jeune homme avait confié à la police qu'il "avait craint pour sa sécurité et qu'il était mort de peur" au moment du drame. Mais l'accusation a, au contraire, argué que le jeune homme avait agi de manière préméditée, et que plusieurs preuves - photos et vidéos - le prouvaient. 


Mardi, le ministère public avait présenté au jury un texte envoyé par M. Fields, qui habitait l'Ohio, à sa mère avant de partir au rassemblement. Si celle-ci lui avait demandé d'être prudent, le jeune homme lui avait répondu : "Nous ne sommes pas ceux qui avons besoin d'être prudents", un message accompagné d'une photographie d'Adolf Hitler, qu'il admirait. James Fields, aujourd'hui âgé de 21 ans, avait également plusieurs comptes sur les réseaux sociaux où il exprimait son soutien au suprématisme blanc et au IIIe Reich, prônant la violence contre les Noirs et les Juifs.


Plusieurs victimes ont également été appelées à témoigner au cours du procès de blessures ayant pour certaines des séquelles à vie. 

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Charlottesville : ce qu'il s'est passé

Charlottesville, symbole du suprémacisme blanc américain

Le rassemblement de Charlottesville avait été organisé par des nationalistes blancs pour protester contre le déboulonnement annoncé d'une statue du général sudiste Robert Lee. Il avait braqué les projecteurs sur la nouvelle génération de l'extrême droite américaine qui a émergé depuis le début du mandat du président Donald Trump, dont la rhétorique incendiaire est régulièrement dénoncée comme attisant la haine et les divisions. Le rassemblement avait débuté le 11 août au soir par une marche de néonazis et de membres du Ku Klux Klan défilant à la lumière de leurs torches. D'autres brandissaient des drapeaux confédérés, celui des Etats favorables à l'esclavage, un emblème considéré comme raciste par beaucoup d'Américains.


Des militants antifascistes avaient répondu en manifestant dans cette même ville le lendemain. Des heurts avaient éclaté dès le début de matinée entre ces manifestants et des néonazis, culminant avec l'attaque à la voiture. Donald Trump avait été très critiqué après les faits parce qu'il avait semblé réticent à condamner clairement le rassemblement néonazi, affirmant 

qu'il y avait des "gens très bien des deux côtés".

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Charlottesville : qui sont les suprémacistes blancs ?

D'autres événements montrent une montée en puissance de groupuscules extrémistes actifs. En octobre, un homme a notamment ouvert le feu en octobre dans une synagogue de Pittsburgh (nord-est), faisant onze morts. La veille, un homme accusé d'avoir envoyé des bombes artisanales à des opposants du président Donald Trump avait été arrêté en Floride (sud-est). Les Etats-Unis ont enregistré en 2017 une hausse de 57% des incidents antisémites par rapport à 2016, la plus forte augmentation enregistrée depuis les années 1970, selon l'Anti-Defamation League.

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