La disparition du patron d'Interpol liée à la lutte anticorruption chinoise ?

La disparition du patron d'Interpol liée à la lutte anticorruption chinoise ?

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CHINE - Le patron d'Interpol, Meng Hongwei, n'a pas donné signe de vie depuis le 25 septembre dernier. Les soupçons pourraient porter sur la politique d'anticorruption menée par le gouvernement chinois.

Le président de l'organisation policière Interpol a disparu depuis plus de dix jours, juste après avoir atterri sur le sol chinois. A Pékin, le gouvernement, interrogé par la France, ne montre aucune réaction. La piste de la chasse aux corrompus, menée par le président Xi Jinping, semble être plausible. Le point sur ce qu'on sait pour l'instant de cette affaire encore floue. 

Les faits

Son épouse dit être sans nouvelles de lui depuis le 25 septembre dernier. Meng Hongwei, président chinois de l'organisation de coopération policière Interpol, n'a pas donné signe de vie depuis une dizaine de jours. Il venait alors de rejoindre la Chine en avion depuis Stockholm.


L'affaire n'est pas prise à la légère et a plutôt tendance à "inquiéter" la France, où une enquête a d'ailleurs été ouverte. Le pays est en effet concerné au premier plan, le siège d'Interpol se situant à Lyon. Pour l'heure, le ministère français de l'Intérieur indique que les autorités chinoises "n'ont pas apporté de précisions" mais "que les échanges se poursuivent". 

Qui est Meng Hongwei ?

L'homme de 64 ans est plutôt inconnu du grand public, mais il occupe un rôle stratégique. Meng Hongwei a été élu en novembre 2016 à la tête de l'institution de coopération policière. En Chine, il est également vice-ministre de la Sécurité publique. Doté d'une solide carrière politicienne au sein du Parti communiste chinois, il a été, entre 2013 et 2017, directeur de l'agence maritime chinoise. 


Des échelons qu'il a gravés avant que le président actuel de la Chine, Xi Jinping, ne prenne son poste. Tandis que son ancien mentor, Zhou Yongkang, rival du gouvernement, purge désormais une peine de prison à perpétuité. 


Sa nomination en tant que patron d'Interpol - bien qu'honorifique - avait à l'époque suscité quelques remous. La communauté internationale craignait que Meng Hongwei ne forme un lien direct, pour la Chine, avec ses réfugiés à l'étranger. 

Victime de la chasse aux corrompus ?

Selon le quotidien South China Morning Post, Meng Hongwei pourrait être au cœur d'une enquête en Chine. C'est pour cette raison qu'il aurait été "emmené" par les autorités dès son arrivée sur le sol chinois. Des interrogations se font jour à présent sur la nature de cette mise au secret, d'autant que le gouvernement chinois ne répond à aucune sollicitation sur le sujet. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le président Xi Jinping a lancé une vaste campagne anticorruption. D'après les chiffres officiels, plus d'un million et demi de personnalités médiatiques et politiques - y compris des opposants au régime - ont déjà été questionnées et poursuivies dans ce contexte. Meng Hongwei pourrait-il lui aussi être concerné ? 


Problème : la Commission nationale de supervision (CNS), le nouvel organe chargé de cette chasse aux corrompus, doit prévenir les proches des personnes arrêtées dans un délai de 24 heures. Or, l'épouse du patron d'Interpol n'a toujours reçu aucune nouvelle. 

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