Chine : le procès d’un second Canadien détenu pour "espionnage" ouvert

En 2019, des manifestants protestaient pour la libération de Michael Kovrig et Michael Spavor détenus en Chine.

DIPLOMATIE - Le procès d’un second Canadien accusé d’espionnage s’ouvre, ce lundi 22 mars, à Pékin. Ottawa accuse la Chine de représailles après l’arrestation d’une dirigeante de Huawei en 2018. Il risque la prison à perpétuité.

C’est le deuxième procès pour "espionnage" visant un ressortissant canadien en quelques jours. Michael Kovrig, un ex-diplomate de 49 ans, détenu en Chine depuis plus de deux ans, va être jugé, ce lundi 22 mars, par un tribunal de Pékin. Et cela seulement trois jours après celui de son compatriote Michael Spavor, qui s'est achevé en un peu plus de deux heures sans qu'un verdict soit rendu public.

Cela ne fait que confirmer que le processus judiciaire est commandité par le Parti communiste- Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine

Les deux hommes ont été arrêtés en décembre 2018, peu après l'interpellation au Canada d'une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, à la demande des États-Unis. Ottawa accuse le régime communiste d'avoir interpellé ses deux ressortissants par mesure de représailles, ce que Pékin dément. Les accusés risquent tous deux une peine de prison à perpétuité.

Justifiant un besoin de préserver la "sécurité nationale", le public n’était pas autorisé à assister à ce procès, ce qui inquiète les diplomates canadiens : "Nous sommes très préoccupés par ce refus d'accès et par le manque de transparence de tout le processus judiciaire", a déclaré le chargé d'affaires de l'ambassade du Canada, Jim Nickel, après s'être vu interdire l'accès du palais de justice. Il s'est néanmoins félicité de la présence de diplomates de 26 pays, dont l'Allemagne, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne. Ces diplomates ont posé pour les photographes devant le tribunal

"La Chine n'essaie même pas de faire croire qu'il s'agit de vrais procès : les preuves ne sont pas communiquées à la défense et le juge ne prend pas le temps de les examiner", a, quant à lui, réagi l'ancien ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques. "Cela ne fait que confirmer que le processus judiciaire est commandité par le Parti communiste et qu'il s'agit de procès politiques", a-t-il poursuivi.

Représailles sur fond d'affaire Huawei

Toute cette affaire a débuté le 1er décembre 2018 avec l'arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille du fondateur du groupe de télécoms. La justice américaine lui reproche d'avoir contourné des sanctions américaines contre l'Iran. Mais le Wall Street Journal avait rapporté, début décembre 2020, que Huawei discutait d'un accord avec l'administration américaine qui permettrait à Meng Wanzhou de regagner la Chine.

La nature exacte des accusations contre les deux Canadiens n'est en revanche pas connue. En mars 2019, l'agence de presse officielle Chine nouvelle avait rapporté que M. Kovrig était soupçonné d'espionnage et de vol de secrets d'État et que M. Spavor était une de ses principales sources d'information. Ce dernier était en contact avec la Corée du Nord, pays dans lequel il organisait des voyages, notamment de personnalités reçues par le dirigeant Kim Jong Un.

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