Chine : libération du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, atteint d'un cancer

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DROITS DE L'HOMME - Liu Xiaobo, atteint d'un cancer, a été libéré après huit années en prison. Premier Chinois à recevoir le Nobel de la paix, il incarnait depuis sa cellule la lutte sans concession pour les idéaux démocratiques dans son pays.

Après huit ans derrière les barreaux, Liu Xiaobo a recouvré ce lundi la liberté. Sauf que ce Chinois de 61 ans n'était pas un détenu comme les autres : le prix Nobel de la paix lui a été décerné en 2010 pour son combat en faveur de la démocratie dans son pays. Souffrant d'un cancer du foie en phase terminale, les autorités ont préféré mettre fin à sa détention.

"Il est désormais soigné à l'hôpital de Shenyang (dans la province de Liaoning, nord-est). Il n'a aucun projet particulier. Il reçoit juste un traitement médical en raison de sa maladie", a déclaré l'avocat Mo Shaoping. Selon ce dernier, le diagnostic a été fait le 23 mai et Liu Xiaobo, 61 ans, a été libéré quelques jours plus tard.

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Son épouse toujours assignée à résidence

Ancien enseignant, l'intellectuel et dissident purgeait depuis 2009 une peine de 11 ans de réclusion pour "subversion", après avoir corédigé un texte prônant la démocratie en Chine, la Charte 08, et il lui restait donc encore trois ans à passer derrière les barreaux. Il a reçu en 2010 le prix Nobel de la paix alors qu'il était déjà emprisonné. En son absence, la récompense lui avait été remise de façon symbolique le 10 décembre 2010 à Oslo, l'opposant étant représenté par une chaise vide.

L'attribution du Nobel avait suscité une vive colère de Pékin, qui avait gelé ses relations de haut niveau avec la Norvège, tandis que s'effondraient les exportations de saumon norvégien vers la Chine, où le militant des droits de l'Homme est qualifié de "criminel". Washington et l'Union européenne, à l'instar de nombreux pays occidentaux et à l'unisson d'une vaste mobilisation internationale, avaient multiplié les appels au fil des ans pour presser Pékin de libérer Liu Xiaobo, seul prix Nobel de la paix emprisonné.

Son épouse Liu Xia reste en revanche toujours assignée à résidence, a indiqué lundi à l'AFP Patrick Poon, un chercheur de l'ONG Amnesty International spécialiste de la Chine. Bien qu'elle ne fasse l'objet d'aucune accusation officielle, Mme Liu, assignée à résidence depuis 2010, n'a pas d'accès à internet, n'est pas autorisée à recevoir chez elle des visiteurs, et ne peut que rarement parler par téléphone à des membres de sa famille.

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