Chine : Lu Shaye, l'ambassadeur guère diplomate qui dérange le Quai d'Orsay

Chine : Lu Shaye, l'ambassadeur guère diplomate qui dérange le Quai d'Orsay

TENSIONS - Lu Shaye, ambassadeur de Chine, a été convoqué mardi au ministère français des Affaires étrangères. En cause ? Une série de "griefs" qui, depuis son arrivée à Paris en 2019, font grimacer les autorités françaises.

"Petite frappe", "hyène folle", "troll idéologique" : Lu Shaye, ambassadeur en France de la Chine, n'a pas retenu ses coups ces derniers jours sur Twitter. Objectif : discréditer le travail d'Antoine Bondaz. Ce chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) s'est vu reprocher ses positions "anti-chinoises". Des positions que le représentant de Pékin défend bec et ongle depuis plusieurs mois. Quitte à se faire taper sur les doigts par le Quai d'Orsay.

Lu Shaye a en effet été convoqué ce mardi par le ministère des Affaires étrangères. Ou plutôt, "reconvoqué", l'ambassadeur n'ayant pas donné suite à un rendez-vous fixé la veille par les autorités françaises. En cause, un problème d'agenda… "Le problème d'agenda, je n'y crois pas trop et ça ne marche pas dans ce sens là", a estimé Clément Beaune, le secrétaire d'État aux Affaires européennes. Avant de prévenir : "Ni la France ni l'Europe ne sont des paillassons. Quand on est convoqué, quand on est ambassadeur, on se rend à une convocation au ministère des Affaires étrangères." Surtout que les dossiers entre les deux pays s'accumulent.

Polémiques à répétition

Ces derniers jours, l'ambassadeur s'est ainsi déclaré "fermement opposé" à un projet de visite de parlementaires français à Taïwan, considérée par la Chine comme une de ses provinces. Autre exemple : en avril 2020, quand Lu Shaye avait (déjà) été convoqué au début de la pandémie de Covid-19, après la publication d'un article sur le site de l'ambassade critiquant la gestion de la crise sanitaire en Europe. Pékin avait alors accusé les personnels des Ehpad d'avoir "abandonné leurs postes" et laissé "mourir leurs pensionnaires de faim et de maladie". 

Cette réputation d'ambassadeur guère diplomate, Lu Shaye, 56 ans, n'a pas attendu de poser ses valises en France pour la cultiver. Arrivé à Paris à l'été 2019, celui qui a été maire adjoint de Wuhan entre 2014 et 2015 a toujours cultivé les polémiques : lors de son précédent poste au Canada, il avait publié une tribune dénonçant "l'égoïsme occidental" et le "suprémacisme blanc" en accusant le Canada et ses alliés de se préoccuper du sort de deux Canadiens arrêtés, mais pas, selon lui, de celui d'une responsable chinoise du groupe de télécoms chinois Huawei arrêtée au Canada.

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Puis, en mai 2020, le compte Twitter de l'ambassade de Chine avait, lui, partagé une image qui avait fait scandale : elle représentait la mort qui porte le drapeau des États-Unis ainsi que celui d'Israël sur sa faux, frappant à la porte de Hong Kong, après la Syrie ou le Venezuela, avec le message "qui sera le prochain ?". Le compte avait été "falsifié", avait alors assuré l'ambassade. 

Falsifié ou non, ces coups médiatiques exaspèrent de plus en plus les autorités françaises. Le directeur Asie du Quai d'Orsay, Bertrand Lortholary, lui a concrètement signifié lundi que les "méthodes de l'ambassade, la tonalité de sa communication publique étaient parfaitement inacceptables et franchissaient toutes les limites communément admises pour une ambassade, où qu'elle se trouve". Ambiance.

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