Chrétiens d'Irak : Obama poursuit les frappes pour éviter un "génocide"

International

IRAK- Washington n'exclut pas d'intensifier les bombardements aériens contre les djihadistes de l'Etat islamique au Levant et en Irak. Frappes américaines, aide humanitaire, participation de la France... voici le point sur la situation ce samedi.

C'est la première fois depuis le retrait des troupes américaines en 2011 que les Etats-Unis s'impliquent directement en Irak. Ils ont bombardé vendredi des positions des jihadistes qui menacent le Kurdistan irakien. Et envisagent désormais d'intensifier les frappes. Voici le point sur la situation.

> Poursuite des frappes américaines "si nécessaire"

Après les premières frappes aériennes américaines contre l'Etat islamique en Irak et au Levant (EI) vendredi, Barack Obama a souhaité ce samedi la poursuite "si nécessaire" des bombardements ciblés contre les djihadistes pour éviter un "génocide" des minorités religieuses irakiennes.  

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La Maison blanche dit du même coup vouloir protéger les diplomates et conseillers militaires américains qui sont en poste à Erbil, dans le nord du pays. Cette ville, qui est la capitale de la région autonome du Kurdistan, est le dernier refuge des chrétiens d'Irak. Même si aucune date de fin n'a été fixée pour cette opération, Washington estime que le conflit militaire pourrait durer plusieurs semaines.

> Parachutage d'aide humanitaire pour les civils

La Maison blanche a autorisé samedi un "effort humanitaire" destiné aux milliers de civils qui ont fui la ville de Sinjar (proche de la frontière syrienne) à l'approche des combattants de l'Etat islamique. L'ONU cherche de son côté à établir un "corridor humanitaire" dans le nord du pays pour permettre d'évacuer les civils menacés.

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Selon le Pentagone, des vivres et de l'eau ont déjà été délivrées vendredi pour aider les milliers d'Irakiens menacés à la fois par la famine et par les djihadistes sur le Mont Sinjar. 

> "Danger de mort" pour les Yazidis réfugiés

De nombreux Yazidis - des kurdophones considérés par les extrémistes sunnites comme des "adorateurs du diable" - viennent gonfler les rangs des réfugiés. Depuis la prise de la cité de Sinjar, ils se sont retranchés dans des montagnes arides sans eau ni nourriture.

Prévenant qu'ils étaient en "danger de mort", une députée irakienne membre de la communauté des Yazidis a poussé un cri d'alerte ce samedi : "Il nous reste un ou deux jours pour aider ces personnes. Après, ils vont commencer à mourir en masse", a ainsi déclaré Vian Dakhil. 

> Contre offensive des forces irakiennes et kurdes 

Sur place, les forces irakiennes et kurdes ne baissent pas les bras. Elles s'apprêtaient, ce samedi, à lancer une contre-offensive pour reprendre les territoires perdus dans le nord du pays et aider les réfugiés à rentrer chez eux.

Les Peshmergas - les combattants kurdes réputés pour leur efficacité et leur organisation - ont d'abord prévu  de se regrouper avant de se redéployer dans les zones dont ils étaient partis, selon un haut responsable kurde. Mais le temps presse car les djihadistes se trouvaient samedi à seulement une quarantaine de kilomètres de la ville d'Erbil.

> Paris et Londres prêts à aider les civils

François Hollande a apporté vendredi soir son soutien à Barack Obama et s'est "félicité de la décision importante prise par le Président Obama d'autoriser des frappes aériennes" pour contrer l'Etat islamique.

La France s’est ainsi dite "prête à prendre toute sa part" dans l’aide aux populations civiles victimes des "exactions intolérables" de l’EI, tandis que le Royaume-Uni a annoncé des parachutages de vivres d'ici à dimanche. 

Des déclarations réitérées samedi après-midi. La France va ainsi "procéder dans les prochaines heures à de premières livraisons d'équipements de premier secours" en Irak, a annoncé la présidence française. C'est ce qu'a indiqué le président François Hollande au président du Kurdistan irakien Massoud Barzani lors d'un nouvel entretien téléphonique, a précisé la présidence dans un communiqué.

EN SAVOIR + >> Notre dossier consacré à l'Irak 

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