Christine Lagarde, Charles Michel, Ursula von der Leyen, Josep Borrell : les nouveaux visages de l'UE

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CASTING - Les négociations se seront déroulées dans la douleur. Mais elles ont enfin abouti mardi : les 27 se sont mis d'accord sur les candidats qui doivent occuper les principaux postes de l'UE. Le Belge Charles Michel prend la présidence du Conseil européen, tandis que Christine Lagarde, directrice générale du FMI, devrait diriger la Banque centrale européenne.

La fumée blanche est enfin apparue mardi soir. Après 48 heures de laborieuses négociations marquées par des marchandages tendus, les 27 ont trouvé un accord sur un casting pour occuper les postes-clés au sommet de l'Union européenne, conséquence des élections du 26 mai dernier, pour une durée de cinq ans. 


La présidence du Conseil européen revient à l'ancien Premier ministre belge de centre-droit Charles Michel. Ce dernier a promis de "préserver l'unité, la diversité et tout spécialement la solidarité" dans l'UE. Deux femmes devraient figurer parmi les nouveaux visages de l'Union européenne, si le Parlement valide leur nomination. La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, doit prendre la tête de la Commission européenne, tandis que la Française Christine Lagarde dirigerait la Banque centrale européenne (BCE), des choix qui résultent du compromis trouvé entre Emmanuel Macron et Angela Merkel. Quant au poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères, il sera confié au ministre socialiste espagnol Josep Borrell.

Christine Lagarde s'est dite sur Twitter "très honorée' d'avoir été choisie pour présider la BCE. Elle indique quitter "provisoirement" la tête du FMI, laissant la place à un directeur général par intérim, David Lipton, actuel directeur général adjoint et ex-assistant spécial de Barack Obama. Lagarde, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, serait la première femme à diriger la BCE. 

Le Parlement entre en piste

Ces nominations doivent encore être validées par le Parlement européen, mercredi. L'équilibre retenu permet une représentation des principales familles politiques issues du dernier scrutin, ainsi que la parité : deux femmes de droite, un libéral et un socialiste. Pour autant, la gauche au Parlement n'a pas caché sa déception après l'annonce de ces choix. "Nous avons besoin d'un changement politique en Europe", a dénoncé notamment le groupe écologiste européen, tandis que l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot y voyait "le pire des statu quo". 


En France, les réactions ont été mitigées. Si Emmanuel Macron a vanté le choix de personnalités qui "se sont toujours illustrées par leur engagement extrêmement fort en faveur de l'Europe", l'opposition de gauche a dénoncé le casting. Le PS a condamné l'accord de Bruxelles qui, selon son patron Olivier Faure, "tourne le dos à tout espoir de changement social et écologique". Les eurodéputés LFI ont déploré "une défaite pour les peuples européens, le climat et la lutte contre les inégalités". Le RN a fustigé de "petits accords entre amis pour les postes-clés".  


Si les quatre dirigeants sont issus d'Europe de l'Ouest, l'Est pourrait hériter, de son côté, de la présidence du Parlement européen, même si un tel choix n'est pas acquis. Le vote se tiendra mercredi à partir de 9 heures. 

Pour l'heure, quatre candidats parmi les eurodéputés sont déclarés pour diriger le Parlement de Strasbourg : Jan Zahradil (République tchèque), David-Maria Sassoli (Italie), Sira Rego (Espagne), soutenue en France par LFI et Ska Keller (Allemagne), défendue par les écologistes. Les eurodéputés désigneront aussi, mercredi, 14 vice-présidents, puis 5 questeurs jeudi. 

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