Colère en Espagne après la libération de "La Meute", ces cinq hommes accusés d'avoir violé une jeune fille

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INDIGNATION - La colère montait vendredi en Espagne où des milliers de personnes ont à nouveau manifesté après la libération sous caution de "La Meute", cinq hommes qui ont abusé d'une jeune fille de 18 ans, et ont pu rentrer chez eux en attendant que leur condamnation à des peines de prison soit revue en appel.

Ils s'étaient baptisés "La Manada" - La Meute en espagnol - sur leur groupe WhatsApp. Cinq hommes, âgés de 27 à 29 ans, qui avaient abusé d'une jeune fille de 18 ans,  pendant les fêtes de la San Fermin à Pampelune en juillet 2016, ont été libérés sous caution vendredi en Espagne. Une décision de justice qui intervient moins de deux mois après leur condamnation à neuf ans de prison chacun pour "abus sexuel" et qui a scandalisé le pays. 


A tel point que des milliers de femmes et d'hommes de tous âges se sont rassemblés vendredi soir devant le ministère de la Justice à Madrid, derrière une banderole proclamant "ce n'est pas un abus, c'est un viol". Des manifestantes criaient "si on ne nous tue pas, on ne nous croit pas" ou "Assez de la justice patriarcale!".

"Nous avons reçu une éducation machiste et il y a des choses dont nous ne nous rendons pas compteUn habitant de Pampelune

Le tribunal qui avait déjà scandalisé l'Espagne en avril dernier en écartant la qualification de viol pour les faits établis - les accusés s'étaient filmés prenant en tournante la jeune femme - a autorisé leur mise en liberté sous contrôle judiciaire moyennant une caution de 6.000 euros chacun.


 "Il faut une réforme du système judiciaire et remplacer des juges hérités d'une autre époque", a déclaré à l'AFP Noelia Garcia, 41 ans. "Il n'est pas juste qu'on les remette en liberté quand ils sont condamnés à neuf de prison, et à quelques jours de la San Fermin, où ils pourraient même retourner", a ajouté Lucia Rodriguez, 60 ans, militante féministe depuis les années 70.   Aratz Beranoaguirre, géologue à l'Université du Pays basque, s'est dit "abasourdi" par la décision des juges. "Nous avons reçu une éducation machiste et il y a des choses dont nous ne nous rendons pas compte, a-t-il estimé. Nous devons croire les femmes, les soutenir et être à leur côté en ce moment".

"Pression sociale"

Dans le même temps, des milliers de personnes ont manifesté à Pampelune, pour la deuxième journée consécutive, et à Séville d'où sont originaires les cinq agresseurs, selon la télévision nationale TVE. D'autres manifestations ont lieu à Valence, à Saragosse, à Grenade après celles de jeudi à Barcelone, Bilbao, Vitoria et San Sebastian. L'indignation est d'autant plus forte que quatre des cinq condamnés font l'objet d'une enquête pour abus sexuel d'une femme de 21 ans en mai 2016, là aussi filmé avec un téléphone portable.


Dans sa décision rendue publique vendredi, le tribunal de Navarre explique autoriser la libération des cinq Sévillans après presque deux ans de détention provisoire, parce que la pression sociale qui s'exerce sur eux rend "pratiquement impensable" le risque de récidive.  Mais un des trois juges a émis une opinion divergente, se prononçant pour leur maintien inconditionnel en détention pendant la moitié de leur peine, soit quatre ans et demi.


Les cinq jeunes hommes, dont un garde civil et un ancien militaire, attendent leur procès en appel, le parquet ayant trouvé trop clémente la condamnation en première instance. La mairie Pampelune, partie civile dans l'affaire, a annoncé qu'elle ferait aussi appel de leur mise en liberté. 

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