Ce que l'on sait des colis piégés envoyés à CNN, Obama, Clinton et d'autres personnalités démocrates

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ÉTATS-UNIS - Une série de bombes artisanales ont été adressées depuis lundi à plusieurs adversaires de premier plan du président Donald Trump, dont Hillary Clinton, Barack Obama, la chaîne américaine CNN, mais aussi l'acteur Robert De Niro. On fait le point.

Barack Obama, Hillary Clinton, CNN, puis Robert De Niro ou encore Joe Biden... Plusieurs colis piégés ont été interceptés aux Etats-Unis mercredi 24 et jeudi 25 octobre. Les cibles sont toutes des personnalités politiques démocrates ou des personnes critiquent du président Donald Trump. Les enquêteurs envisagent "sérieusement" un lien entre tous ces paquets, qui présentent des similarités. Voici ce que l'on sait sur cette affaire qui secoue les Etats-Unis en pleine campagne électorale.

Le récit des événements

Tout a commencé lundi lorsque le milliardaire George Soros reçoit un colis piégé à son domicile. A 88 ans, cet ancien nom de la finance est devenu un philanthrope et la bête noire de l'extrême droite. Et avant même que soient interceptés les autres colis, la fondation du philanthrope voit déjà en cette attaque la réponse à une "rhétorique de la haine qui domine la politique aux Etats-Unis (…) et engendre extrémisme et violence".


Une réaction aux airs de message prémonitoire. Car dès ce mercredi matin, des colis piégés ont été découverts en série. Dans la matinée, le service fédéral chargé de la protection des anciens présidents et de leur famille annonce avoir intercepté deux colis contenant "des engins explosifs potentiels". Les personnes visées ne sont autre que l’ancienne candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton et l’ancien président démocrate Barack Obama. Le premier a été retrouvé mardi soir, tandis que le deuxième a été intercepté le matin même. 


Peu après, et alors que les deux présentateurs stars de CNN sont en plein direct pour signaler ces deux "colis suspects", l’alerte retentit sur le plateau. Tout le siège de la Times Warner, à Manhattan, est évacué. Dans cet immeuble se trouvent notamment les bureaux de la chaîne américaine. On apprend alors qu’un quatrième "engin suspect" a été retrouvé dans les locaux où le courrier est trié. Il aurait été amené par un coursier aux alentours de 9h du matin sur place. Quelques heures plus tard, des journalistes de la chaîne précisent que la personne visée au sein de leurs bureaux est John Brennan. Ancien directeur de la CIA il est désormais un éditorialiste de la chaîne particulièrement critique de Donald Trump.

Clinton, Obama, Soros, CNN. Quatre noms qui ont souvent été au cœur de critiques virulentes de la part de représentants conservateurs, comme le président Donald Trump. Il a par exemple souvent qualifié les principales organisations de presse d'"ennemi du peuple", avec une animosité toute particulière pour CNN. 


Vers 13H locale, et alors que les journalistes de CNN n’ont toujours pas accès à leurs locaux, le Commissaire de police de New-York, le Gouverneur de l’Etat et le maire donnent une conférence de presse. Le commissaire explique alors que tous les engins sont similaires. "Même paquet, même engin". Ce dispositif a notamment été construit à partir d'un tuyau d'une dizaine de centimètres de long, enveloppé dans du scotch noir, relié à des fils électriques et à un détonateur, selon plusieurs médias. Le commissaire déclare également que, concernant la bombe trouvée à CNN, elle était "opérationnelle". Et que le colis contenant l'appareil était également accompagné d’une enveloppe avec de la "poudre blanche" que la police teste désormais pour déterminer s'il était toxique. 

Dans l’après-midi, la liste des personnes visées par des colis s’est allongée. Ainsi, on apprend que l’adresse de retour de toutes les enveloppes porte le nom de Debbie Wasserman Schultz, l'ex-chef du parti démocrate. Qui a d’ailleurs dû évacuer ses bureaux. Car l’un des colis s’est bel et bien perdu. Celui qui était initialement destiné à Eric Holder, procureur général des Etats-Unis sous Barack Obama et d’origine Afro-américaine. Tout comme Maxine Waters, elle aussi visée. En fin de journée, un paquet adressé à la sénatrice démocrate de Californie a été intercepté dans un établissement de tri du courrier à destination des membres du Congrès.


Jeudi, ces envois suspects se sont poursuivis. D'abord avec un colis destiné à Robert De Niro. Selon CNN, le nom de l'acteur réputé pour son opposition à Donald Trump était inscrit sur un courrier envoyé à une adresse de Tribeca, qui correspond à celle du centre du film dont il est le fondateur. Quelques instants plus tard, les médias américains ont fait savoir que l'ancien vice-président démocrate Joe Biden (2009-2017), régulièrement cité comme possible candidat à la présidentielle de 2020, avait lui aussi été visé. 


Les enquêteurs cherchent à trouver des liens entre ces colis. Lors d’un point presse mercredi, Donald Trump a promis qu’une "enquête fédérale" aura lieu, et qu'ils ne lésineront pas sur les moyens pour trouver celui ou ceux qui ont envoyé les "engins".

Les personnes visées : essentiellement des démocrates

Les personnes visées sont essentiellement des démocrates ou des personnes connues pour être virulentes envers Donald Trump : 


• George Soros, ancien nom de la finance désormais activiste politique. Il est souvent la cible de critiques virulentes de la droite américaine, certains supposant même, de manière erronée, qu’il avait financé une caravane de migrants mexicains


• Barack Obama, démocrate et premier président Afro-américain des Etats-Unis


• Hilary Clinton, candidate face à Donald Trump lors de la campagne présidentielle, particulièrement violente, de 2016


• John Brennan, ancien directeur de la CIA et désormais éditorialiste particulièrement critique de Donald Trump. Le président lui avait retiré son habilitation de sécurité, qui permet l’accès à certaines informations classifiées, signe des tensions entre les deux hommes


• Eric Holder, procureur général des Etats-Unis sous Barack Obama, et premier Afro-américain a occupé ce poste


• Debbie Wasserman Schultz, sénatrice démocrate en Floride et ancienne présidente du parti démocrate


• Maxine Waters, sénatrice démocrate de Californie. Egalement d’origine Afro-américaine, elle avait été surnommée "Crazy Maxine" par Donald Trump


• Robert De Niro, acteur, opposant revendiqué à Donald Trump


• Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama, dont le nom revient régulièrement comme possible candidat du camp démocrate pour l'élection présidentielle de 2020

Des réactions virulentes

Quelques heures après avoir été la cible d’un colis piégé, Hilary Clinton a réagi. Elle a décrit ce qu’elle considère comme "une époque sombre" et de "divisions profondes". Dans son allocution en Floride, elle a surtout montré sa volonté de "réunir" le pays. Et d’"élire les candidats qui essaieront de faire de même". 


De son côté, le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a décrit la série de colis suspects aux Etats-Unis comme un acte de "terrorisme intérieur". Et ce, malgré le fait qu’un responsable des services de renseignement américain a annoncé qu’il était encore trop tôt pour parler d'acte terroriste. 

Mais ce point de vue a été tempéré par le président américain. En marge d’un point de presse autour d’une loi sur les opiacés, Donald Trump s’est contenté de déclarer que "la violence politique n'a pas sa place aux Etats-Unis." La première Dame a, pour sa part, été plus virulente, décrivant des actes "ignobles".

Face à ces déclarations, deux chefs de fil démocrate ont publié un communiqué dans lequel ils décrivent des propos "creux". Nancy Pelosi et Chuck Schumer accusent même le président des Etats-Unis d'avoir "cautionné la violence et divisé les Américains avec ses mots et ses actions" à "maintes reprises".

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