Colombie : Otoniel, le plus grand trafiquant de drogue du pays, capturé dans la jungle

La Colombie a arrêté hier le plus gros trafiquant de drogue du pays, Dairo Antonio Úsuga. Surnommé Otoniel, cet homme était recherché depuis des années. Il ne dormait jamais plus de deux nuits au même endroit.

DROGUES - Le gouvernement colombien a annoncé samedi l'arrestation de Dairo Antonio Usuga, répondant au nom d'"Otoniel". Ce narcotrafiquant était le plus recherché du pays et les États-Unis avaient offert 5 millions de dollars de récompense pour sa capture.

C'est tout vêtu de noir et étrangement souriant qu'Otoniel est apparu sur les premières images, entouré par des militaires colombiens armés. L'arrestation de ce quinquagénaire, à la tête du plus puissant gang de narcotrafiquants de Colombie, représente "le coup le plus dur" porté par le gouvernement colombien au crime organisé dans le pays, selon le chef de l'Etat.

Un coup "seulement comparable à la chute de Pablo Escobar", s'est félicité le président Ivan Duque, qui a salué la capture de ce narcotrafiquant dans un message diffusé sur les réseaux sociaux. Ce chef du cartel de Medellin (nord-ouest) a contrôlé jusqu'à 80% du commerce mondial de cocaïne et avait été abattu par la police colombienne en 1993.

Otoniel a lui été arrêté à Necocli dans le nord-ouest du pays, près de la frontière avec le Panama. Son arrestation a mené à une expédition dans la jungle, où il se cachait, "la plus importante jamais vue dans l'histoire militaire" de la Colombie, selon le président Ivan Duque. 

500 membres des forces de sécurité, appuyés par 22 hélicoptères et le soutien satellitaire des agences des États-Unis et du Royaume-Uni ont été mobilisé pour débusquer ce narcotrafiquant, chef du Clan del Golfo, formé d'anciens membres de groupes paramilitaires qui ont mené une lutte acharnée contre les guérillas de gauche jusqu'aux années 2010. 

Ce cartel, financé principalement grâce au trafic de drogue, à l'exploitation minière illégale et à l'extorsion, est présent dans près de 300 municipalités du pays, selon le groupe de réflexion indépendant Indepaz. Le gouvernement colombien accuse le clan d'être l'un des responsables de la pire vague de violence qui secoue le pays depuis la signature de l'accord de paix en 2016 avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste).

Combattant dans les groupes paramilitaires d'extrême droite

Otoniel était devenu le chef du Clan del Golfo après la mort de son frère Juan de Dios, "Giovanni", lors d'affrontements avec la police en 2012. Il avait pris les armes à l'âge de 18 ans comme guérillero dans l'Armée de libération populaire (EPL), une guérilla marxiste démobilisée en 1991.

Après avoir déposé les armes, il était retourné combattre dans les groupes paramilitaires d'extrême droite. Nombre de ces groupes avaient été démobilisés en 2006 à l'initiative du gouvernement de l'ex-président de droite Alvaro Uribe (2002-2010). Mais Otoniel avait décidé de rester dans l'illégalité.

En 2017, Otoniel avait cependant annoncé son intention de parvenir à un accord pour se rendre à la justice. Le gouvernement avait répondu en déployant pas moins de 1000 soldats pour le pourchasser.

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La chute d'Otoniel représente le principal succès du gouvernement du président conservateur dans la lutte contre le crime organisé, ceci dans le plus grand pays exportateur de cocaïne au monde. Il pourrait être extradé par la suite aux États-Unis, où le tribunal du district sud de New York l'avait inculpé en 2009.

Pour autant, et malgré quatre décennies de lutte contre le trafic de drogue, la Colombie reste le premier producteur mondial de cocaïne. Et les États-Unis en sont le premier consommateur.

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