Commande d'avions F-35 américains : Emmanuel Macron "regrette profondément" la décision belge

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DEFENSE - La Belgique a passé commande de 34 avions bombardiers F-35, préférant le modèle américain à l'Eurofighter Typhoon européen. Un choix critiqué par le président français vendredi matin, ce dernier l'estimant contraire "aux intérêts stratégiques européens".

Une commande qui passe mal sur le vieux continent. Emmanuel Macron a "regretté profondément", vendredi lors d'une visite en Slovaquie, le choix de la Belgique de commander 34 avions de chasse F-35 à la firme américaine Lockheed Martin, plutôt que l'Eurofighter Typhoon développé conjointement par le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie, ou le Rafale français.


Un choix justifié, selon le Premier ministre belge Charles Michel, par le "rapport qualité-prix". Le F-35 américain serait non seulement meilleur que l'Eurofighter, mais permettrait aussi à la Belgique d'économiser pas moins de 600 millions d'euros dans le renouvellement de sa flotte vieillissante d'avions de chasse F-16. S'agissant du Rafale, le dirigeant belge a indiqué que la France n'avait "malheureusement pas remis d'offre dans le cadre de la procédure objective définie". La France n'avait pas répondu à l'appel d'offre, mais elle avait proposé un partenariat stratégique à la Belgique dans le cadre de la construction de l'Europe de la défense. 

"A contrario des intérêts européens"

"L'offre française est arrivée après", a reconnu Emmanuel Macron, précisant que la procédure était antérieure à son initiative lancée il y a un an en faveur de l'Europe de la défense. "Je regrette profondément le choix qui a été fait", a-t-il déclaré, estimant que "ceux qui font la promotion de ces choix sont les plus nationalistes. Les nationalistes sont toujours contre les solutions européennes, ils préfèrent les solutions russe ou américaine".


Le chef de l'Etat a toutefois dit "respecter la procédure qui avait été lancée avant que nous ayons toutes ces initiatives européennes [en matière de défense]". "Une décision liée à une procédure et des contraintes propres à la Belgique, mais a contrario des intérêts européens", a-t-il martelé, tout en promettant de "tout faire pour qu'à l'avenir, des offres européennes soient promues" en matière de défense. 


La France s'est malgré tout offert une source de satisfaction vendredi, comme a préféré le noter la ministre des Armées Florence Parly. 

Un marché d'un montant de 1.5 milliard d'euros qui est, se réjouit la ministre, "une excellente nouvelle pour la France comme pour la Belgique". 

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