Commémorations du Débarquement : à Juno Beach, dans les pas de milliers de Canadiens

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HISTOIRE - La cérémonie internationale du 75e anniversaire du Débarquement aura lieu à Juno Beach, dans le Calvados, ce jeudi. Une plage où, le D-Day, 14.000 Canadiens ont foulé le sol.

Juno Beach une nouvelle fois au centre de l’histoire. Cette plage de Normandie accueille ce jeudi la cérémonie internationale commémorant le 75e anniversaire du Débarquement. Tout un symbole puisque ce dernier s’est en partie joué là, sur ces huit kilomètres de sable, où des milliers de soldats canadiens sont venus risquer leur vie.


Sur cette plage normande, dans la matinée du 6 juin 1944, 14.000 Canadiens ont en effet débarqués. Des troupes un peu particulières, puisque composées d'agriculteurs et de pêcheurs du Nouveau-Brunswick, et d'ouvriers du Québec constituant les Fusiliers de Sherbrooke et le Régiment de la Chaudière. Il y avait aussi des Ontariens regroupés au sein des Highlanders, et des unités du Fort Garry Horse de Winnipeg. Tous, à l'exception des officiers supérieurs, étaient des soldats amateurs, sans aucune expérience du combat même si beaucoup s'étaient entraînés pendant plusieurs mois, répétant le Débarquement jour après jour. 

La peur au ventre

Soixante-quinze ans plus tôt, c'est vers 07h45, que les jeunes soldats débarquent sur ces côtes, face aux villages de Courseulles, Bernières et Saint-Aubin-sur-mer. Ils sont précédés quelques heures plus tôt par les hommes du 1er bataillon de parachutistes canadiens, appartenant à la 6e Division aéroportée britannique, qui ont déjà sauté sur ce même secteur.


Les Canadiens débarquent la peur au ventre : ils gardent en mémoire l'échec sanglant du raid de Dieppe, deux ans plus tôt, où sur 5.000 soldats canadiens, 1.600 seulement sont sortis indemnes, les autres ayant été tués ou faits prisonniers. "Ce n'était pas comme à Dieppe, où plusieurs de mes amis s'étaient fait tuer. Quand le jour s'est levé, il y avait tellement de bateaux autour de nous qu'on ne voyait pratiquement plus la mer et le firmament était couvert d'avions", s’est rappelé en 2004 le major Roméo Boulanger, 86 ans à l’époque.

Pendant la Seconde guerre mondiale le Canada a perdu environ 40.000 hommes

Sur les plages normandes, et notamment à Juno, la "réception" des troupes allemandes, en particulier celles appartenant à la 716e Division d'infanterie de la Wehrmacht, est largement à la hauteur de ce que l'état-major allié craignait. Arrosées d'obus, bon nombre de péniches de débarquement n'atteignent même pas la côte. Pris dans un tir croisé très intense, le Queen's Own Rifles perd 143 hommes en quelques minutes, les plus lourdes pertes subies par une unité canadienne à ce jour. Mais malgré les efforts de l'occupant, au crépuscule, les Canadiens ont établi une tête de pont solide et amorcent leur mouvement vers l'intérieur de la campagne normande. Le Mur de l'Atlantique est percé. Au soir de ce "Jour le plus long", 359 soldats canadiens ont trouvé la mort. 


La campagne de Normandie fera 18.000 victimes canadiennes dont 5.500 morts. Pendant la Seconde guerre mondiale le Canada a perdu environ 40.000 hommes. Cette importante contribution est longtemps restée non matérialisée jusqu'à ce que soit ouvert, en 2003, le Centre Juno Beach, un  musée en forme de feuille d'érable, recouvert de titane, situé entre la plage et le port de plaisance de Courseulles-sur-Mer.

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