Comment Facebook veut utiliser l'intelligence artificielle pour lutter contre les suicides

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PRÉVENTION - Le réseau social a annoncé lundi le déploiement d'un système d'intelligence artificielle, testé depuis mars dernier aux Etats-Unis, visant à identifier plus vite les internautes en proie à des tendances suicidaires. Mais cette technologie ne sera pas déployée dans l'Union européenne, les données personnelles y étant davantage protégées.

L'analyse de quelques mots pour en déceler les maux. Facebook a annoncé ce lundi la généralisation d'un système d'intelligence artificielle visant à détecter plus rapidement les membres du réseau social en proie aux idées suicidaires. Cette technologie cherchera automatiquement des indices dans les messages, ainsi que dans les vidéos mises en ligne en direct sur Facebook live, afin d'avertir plus rapidement le personnel du groupe et les organisations d'aide spécialisée. Par exemple, des questions telles que  "Est-ce que tu vas bien ?" ou "Puis-je t'aider ?" retiendront l'attention du logiciel. Une forme de "flicage" salutaire pour ses utilisateurs à en croire Guy Rosen, le vice-président de gestion de produits Facebook. 

Nous avons une possibilité d'aider, nous allons donc l'exploiterGuy Rosen, vice-président de gestion de produits Facebook

 "Nous avons une possibilité d’aider, nous allons donc l’exploiter", a estimé Guy Rosen dans les colonnes du  site TechCrunch.

"La vitesse a beaucoup d’importance. Nous devons aider les gens en temps réel", a-t-il ajouté auprès de l'agence Reuters.


"De terribles évènements tragiques - dont des suicides, certains diffusés en direct - auraient peut-être pu être évités si quelqu'un s'était rendu compte de ce qui se passait", avait pour sa part déclaré le patron du groupe, Mark Zuckerberg, en février dernier. "L'intelligence artificielle peut aider à offrir une meilleure approche", avait-il ensuite poursuivi dans une lettre ouverte.

Facebook pourra appeler les secours

Quand un message à tendance suicidaire sera repéré par Facebook, ce dernier aura la possibilité de transmettre des informations sur la prévention du suicide à la personne concernée ou bien à ses amis. Il pourra aussi contacter directement les secours en cas d’urgence. Ce cas de figure s'est déjà présenté une centaine de fois sur le sol américain au cours du mois d'octobre, a déclaré  l'entreprise fondée à Cambridge (Massachusetts). Facebook indique également travailler en lien avec 80 ONG consacrées à la prévention du suicide, et ce dans  de nombreux pays du monde, rapporte l'AFP.

Pas dans l'UE

Le dispositif, testé depuis mars dernier aux Etats-Unis, devrait bientôt s'exporter hors du sol américain. "Il finira par être disponible partout dans le monde, sauf dans l'UE", a indiqué Guy Rosen, sans apporter plus de précisions. En effet, les données personnelles sont protégées dans l'Union européenne par une réglementation plus stricte que dans le pays aux 48 Etats.

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