Commission européenne : Junker aura le soutien des sociaux-démocrates

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EUROPE - Le candidat de droite à la présidence de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a reçu le soutien de neufs dirigeants sociaux-démocrates de pays de l'Union européenne. En contrepartie, un social-démocrate devrait être nommé au poste de président du Conseil.

Jean-Claude Juncker semble sur la bonne voie. Le Luxembourgeois, candidat de la droite à la présidence de la Commission européenne, a reçu samedi le soutien de neuf dirigeants sociaux-démocrates de pays de l'Union européenne (UE). Un appui précieux puisque pour obtenir la présidence de l'institution, Jean-Claude Juncker doit être conforté par la majorité des 28 dirigeants européens.

Parmi ces soutiens figure notamment François Hollande. "Nous respectons l'esprit qui a présidé aux élections européennes, c'est-à-dire que le parti qui arrive en tête - Parti populaire européen (PPE) ndlr - puisse proposer le candidat qui a été présenté, en l'occurrence aujourd'hui Monsieur Juncker", a t-il affirmé à l'issue du mini-sommet qui rassemblait les dirigeants européens à Paris. Réunion à laquelle ont notamment pris part le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel (SPD) mais aussi le socialiste allemand Martin Schulz, ancien président du Parlement européen et candidat à la présidence de la Commission.

Un soutien sous conditions

Le chef d'Etat français a cependant précisé qu'il y avait "d'autres responsabilités qui pouvaient échoir à des noms qui sont d'inspiration sociale-démocrate". Plusieurs personnalités sont donc évoquées pour différents hauts postes bruxellois. L'ancien chef du gouvernement italien Enrico Letta est pressenti pour prendre la tête du Conseil européen et ainsi succéder au Belge Herman Von Rompuy. Les noms de la Danoise Helle Thorning-Schmidt ou de l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault sont également susurrés.

Outre le poste de président du Conseil, la gauche devrait demander, en échange de son soutien à Jean-Claude Juncker, une réorientation de la politique économique basée sur plus de croissance et moins d'austérité. Les neuf dirigeants de gauche ont ainsi convenu, lors de la réunion, de la nécessité d'utiliser "toutes les marges, toutes les souplesses" du pacte de stabilité budgétaire, a précisé François Hollande.

L'officialisation du soutien des sociaux-démocrates à Jean-Claude Juncker rend son plus fervent opposant, David Cameron, plus isolé. Le Premier ministre britannique, qui estime que le candidat de droite est un fédéraliste et un homme du passé, a promis de se battre jusqu'au bout pour lui barrer la route. L'entourage de David Cameron a indiqué dimanche qu'il serait prêt à contraindre ses collègues de l'UE à se prononcer par un vote sur le nom du futur président de la Commission européenne, s'ils persistent à imposer Jean-Claude Juncker. Les 28 dirigeants de l'UE ont jusqu'à jeudi, date à laquelle aura lieu le sommet européen, pour se mettre d'accord sur le nom du successeur de José Manuel Barroso, et ainsi éviter un blocage au sommet de Bruxelles. Le candidat qui fera consensus sera ensuite soumis au vote du Parlement dont il devra obtenir l'approbation de la majorité.

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