Comprendre la crise au Proche-Orient : zoom sur les Arabes israéliens

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DECRYPTAGE - La population arabe israélienne compte 1,4 million d’habitants, soit 18% de la population israélienne. Une minorité qui cohabite tant bien que mal ces dernières semaines avec les juifs.

Même s’ils sont solidaires de leurs frères palestiniens, les Arabes israéliens ne manifestent que rarement. Ils se sont cependant rassemblés par milliers la semaine dernière à Sakhnin, dans le nord d'Israël, pour crier leur ras le bol après plusieurs semaines d’un conflit considéré par certains comme une troisième Intifada. Dans cette zone, leur coexistence avec les juifs de cette minorité s’avère de plus en plus difficile.

 Qui sont les "Arabes israéliens" ?
Les Arabes israéliens sont les descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leur terre à la création d'Israël en 1948. Ils sont aujourd'hui 1,4 million (17,5% de la population israélienne). Au total, 40% d'entre eux vivent dans des villes situées dans le nord du pays à forte majorité arabe. Les autres vivent dans des villes à majorité juive, essentiellement Jérusalem, Haïfa, Tel-Aviv et Jaffa. Si la majorité d’entre eux sont musulmans (70%), d'autres sont chrétiens (10%).

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 Pourquoi s’estiment-ils victimes de discriminations ?
De l’aveu même du ministre israélien des finances, Yair Lapid, cette communauté est confrontée à des discriminations au quotidien. Notamment en terme de transports en commun vers les villages ou au sein du système éducatif, même s’ils disposent de tous les droits civiques et sociaux dans le pays. "Historiquement, les gouvernements israéliens ont fait très peu pour améliorer le statut économique des Arabes et parfois, ils lui ont même nui", assurait le ministre en 2014.

 Pourquoi cette "scission" s’accentue-t-elle depuis 15 ans ?
Au début de la deuxième Intifada en 2000, 13 d'entre eux ont été tués lors de manifestations en solidarité avec les Palestiniens. Trois ans plus tard, une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ces événements avait infligé un blâme à la police israélienne... sans réclamer des poursuites judiciaires spécifiques. Depuis, la crispation resurgit à chaque flambée de violences. En particulier durant l’opération "plomb durci", dans la bande de Gaza en 2009. Plusieurs milliers d'Arabes israéliens s’étaient en effet rendus dans la ville de Nazareth pour réclamer la levée du blocus de Gaza.

 Une communauté représentée au Parlement
Malgré les tensions de la rue, la Knesset – le Parlement israélien – a toujours accordé des fauteuils aux députés arabes. A l’heure actuelle, ils sont 13 sur un total de 120 élus. Face à l'escalade des violences, Benjamin Netanyahou a d’ailleurs interdit aux députés et aux ministres de se rendre sur l'esplanade des Mosquées. Mais les élus arabes du Parlement, solidaires des Palestiniens, ont décidé de défier l'interdit.

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