Comprendre la crise au Proche-Orient : zoom sur l'esplanade des Mosquées

Comprendre la crise au Proche-Orient : zoom sur l'esplanade des Mosquées
International
DirectLCI
DECRYPTAGE - Pour cerner au mieux la crise qui secoue actuellement le Proche-Orient, au bord d'une troisième intifada, metronews vous propose de vous arrêter sur les points de crispation du conflit. Aujourd'hui, zoom sur l'esplanade des Mosquées, lieu saint pour les juifs et les musulmans dans la vieille ville de Jérusalem.

 C’est où ?
Pour mieux saisir le rôle crucial joué par ce lieu symbolique, il convient de prendre un peu de hauteur. Depuis le ciel, on réalise vite l’emplacement stratégique de l’esplanade : d’une surface de 14 hectares, cette zone située dans le secteur oriental surplombe la Vieille ville de Jérusalem.

 Pourquoi le lieu est-il si symbolique ?
Si Jerusalem est considérée comme une ville sainte pour les trois principales religions monothéistes, c’est en grande partie liée à l’esplanade. Tout d’abord côté musulman : il s’agit du troisième lieu saint de l’islam, après la Grande Mosquée de La Mecque et la mosquée du Prophète de Médine, en Arabie saoudite. Appelé par les musulmans Al-Haram al-Charif (le Noble sanctuaire), le site abrite deux lieux emblématiques : le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa (la Lointaine). Concernant le Dôme, célèbre pour sa couple dorée, celui-ci se dresse sur le rocher d’où le prophète serait monté aux cieux. La mosquée, elle, a été construite à partir du VIIe siècle, après la prise de Jérusalem par le calife Omar.

C’est justement cette mosquée qui est à l’origine de la sainteté des lieux pour les israéliens. En effet, elle est bâtie sur le site du Temple juif détruit par les Romains en l’an 70. Détail lourd de sens : l’unique vestige de ce Temple, le mur des Lamentations - ou mur occidental -  est situé en contrebas. En outre, l’esplanade abrite pour les juifs le "Premier temple", construit selon l’ancien testament par le roi Salomon au Xe siècle av. J-C avant d’être détruit par Nabuchodonosor II en – 586. Le mont du Temple est appelé Har HaBayit. Enfin, pour la religion catholique, le Temple est également un lieu saint en raison des pélerinages effectués par Jésus sur place.

A LIRE AUSSI >>  Des Palestiniens incendient le Tombeau de Joseph à Naplouse

 Pourquoi l’année 1967 est-elle si importante ?
En juin 1967, la guerre des Six Jours permet à Israël de vaincre la Jordanie et de prendre le contrôle de Jérusalem-Est. En particulier la Vieille Ville où, emmenées par le général Moshe Dayan, les autorités israéliennes foulent enfin le sol devant le mur des Lamentations. Il faut dire que, depuis 1949 et l’armistice israélo-arabe, celles-ci été privées du dernier mur de Salomon. Israël érige également son drapeau sur le Dôme du Rocher mais, très vite, celui-ci est enlevé, Moshe Dayan craignant un regain de tensions. Il informe alors le mufti de Jerusalem de la mise en place d’un statu quo : le site sacré restera sous autorité musulmane avec interdiction pour les juifs d'y prier.

 Qui gère les lieux ?
Le statu quo appliqué depuis 1967 désigne la Jordanie comme gardienne des lieux. Le site est géré par le Waqf, une fondation islamique sous contrôle jordanien, même si la police israélienne contrôle toujours les accès. Dans le détail, le règlement est simple : les musulmans peuvent accéder aux lieux à toute heure du jour et de la nuit. Et les juifs sont autorisées à pénétrer seulement à certaines heures et sans y prier. Ce sont ces restrictions qui, en partie, expliquent les tensions qu’on observe sur place depuis plusieurs semaines , des ultranationalistes juifs multipliant les tentatives de prières sur place. Des "provocations" selon les palestiniens qui ne datent pas d’hier : le 28 septembre 2000, la visite sur l’esplanade d’Ariel Sharon avait déclenchée la seconde Intifada.

A LIRE AUSSI >> Proche-Orient : vers une troisième Intifada, vraiment ?

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter