Conférence de Genève II pour la Syrie : pourquoi c'est déjà mal parti

Conférence de Genève II pour la Syrie : pourquoi c'est déjà mal parti

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DIPLOMATIE - La conférence de paix de Genève II semblait remise en cause lundi par l'invitation surprise de l'Iran qui a provoqué l'indignation de l'opposition syrienne et une vive réaction des Occidentaux. Bachar al-Assad affiche pour sa part sa détermination à rester au pouvoir.

Le ballet diplomatique qui s'apprête à défiler sur les rives du lac Léman va-t-il accoucher d'une souris ? La conférence de paix de Genève II a pour objectif de mettre fin au conflit syrien grâce à un gouvernement provisoire, en réunissant dès mercredi des opposants et des caciques du pouvoir. Las, les objectifs des deux camps semblent inconciliables. Et l'invitation à la dernière minute de l'Iran devrait peser sur l'issue des pourparlers.

La main tendue à Téhéran ce lundi par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a en effet pris de court les acteurs du dossier. Car le régime, soutien indéfectible de la Syrie depuis le début du conflit en mars 2011, a toujours refusé l'idée d'un gouvernement de transition prôné par Paris, Washington et Londres. "Dans l'intérêt même de la recherche de la paix, il est évident qu'aucun pays ne saurait participer à cette conférence s'il n'en accepte pas expressément le mandat", a martelé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. De son côté, la coalition syrienne menace de boycotter la conférence. Un éventuel camouflet pour les Occidentaux, tant sa présence était déjà considérée comme une victoire.

"Rien n'empêche que je me porte candidat"

Depuis des semaines, les adversaires de Bachar al-Assad se déchiraient en effet sur l'opportunité de s'asseoir à la même table que les représentants d'un régime dont ils veulent la chute. Et certains membres, tel que le Conseil militaire de l'Armée syrienne libre, seront aux abonnés absents. Il aura fallu des heures de discussions samedi à Istanbul pour que les délégués de l'opposition parviennent à s'exprimer d'une seule et même voix. Pêle-mêle, les rebelles réclament des discussions "sur la base d'un transfert intégral du pouvoir", des "couloirs humanitaires" mais aussi que Bachar el-Assad ainsi que "ceux qui ont du sang sur les mains ne jouent aucun rôle" dans la transition. Problème : l'homme fort de Damas demeure indéboulonnable. Pour preuve, l'interview accordée dimanche à l'AFP.

Interrogé sur l'opposition, le président syrien lui a dénié toute représentativité, estimant qu'elle était "fabriquée" par les services de renseignements étrangers. "Ils viennent aux frontières pour une demi-heure avant de prendre la fuite, comment peuvent-ils alors devenir membres du gouvernement ?", a tancé un Bachar Al-Assad souriant et décontracté. Avant de lancer comme un pied de nez à ses détracteurs à quelques mois des élections présidentielles : "Je considère que rien n'empêche que je me porte candidat (...) et si l'opinion le souhaite, je n'hésiterai pas une seconde à le faire." Des déclarations tonitruantes qui seront sûrement abordées au tour de la table mercredi à Genève.

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