Confinement : "Il n'y a pas de quoi se plaindre", relativise l'un des survivants du crash des Andes

Mémorial du crash des Andes
International

REFLEXION - Le confinement imposé actuellement à près d'un tiers de la population planétaire pour tenter d'endiguer la propagation du coronavirus est à prendre avec du recul pour Carlos Paez, survivant du crash d'avion l'ayant laissé 72 jours bloqué dans la neige dans la cordillère des Andes en 1972.

"On te dit de rester chez toi et de te laver les mains. Et tu as toutes les commodités : la télévision, internet et à manger. Il n'y a pas de quoi se plaindre", tranche Carlos Paez. Cet Uruguayen de 66 ans est bien placé pour parler de l'isolement : il est l'un des "survivants des Andes", ces 16 rescapés de l'avion qui s'était écrasé dans les Andes, aux confins de l'Argentine et du Chili, le 13 octobre 1972, avec 45 personnes à bord. Ces 16 survivants avaient passé 72 jours à attendre que quelqu'un vienne les sauver.

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Pas de nourriture, sans radio ni moyen de communication- Carlos Paez, 66 ans, survivant du crash dans la cordillère des Andes, en 1972

"Il y a une grande différence entre ces deux quarantaines, pour les appeler ainsi. Celle que j'ai vécue, ce furent plus de 70 jours dans la cordillère des Andes, sans aucune ressource", rappelle Carlos Paez. "Il faisait froid, nous n'avions pas de nourriture, des morts autour de nous, nous étions en altitude, sans radio, ni moyen de communication. Et j'avais 18 ans", se souvient-il aujourd'hui, auprès de l'AFP.

Lors de l'accident, 'ancien membre de l'équipe universitaire de rugby des Old Christians de Montevideo se trouvait avec ses équipiers dans l'avion. Au total, 12 personnes sont mortes immédiatement lors du crash ou rapidement des suites de leurs blessures et 17 autres ont péri au fil des jours. Bloqués dans la neige, ceux qui voulaient rester en vie ont dû se résoudre à l'anthropophagie, soit le cannibalisme. Leur histoire a été racontée des milliers de fois, donnant lieu à des livres, documentaires et un long métrage.

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Aujourd'hui, nous nous battons contre un ennemi invisible- Carlos Paez, 66 ans, survivant du crash dans la cordillère des Andes, en 1972

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Confronté ces derniers jours au confinement comme une grande partie de l'humanité, Carlos Paez aimerait une prise de conscience de la population. "La seule chose à faire, c'est ne rien faire", lâche-t-il lorsqu'on lui demande comment réagir quand on est coupé du monde. "Le message est clair : reste chez toi et lave-toi les mains. C'est simple", fait valoir l'Uruguayen.

"Dans la cordillère, nous nous battions contre un ennemi tangible, la montagne, la neige, le froid. Et à présent, nous nous battons contre un ennemi invisible, ce qui génère une certaine incertitude", conçoit-il néanmoins. Sans que ce soit une raison valable pour se morfondre, ou pire, braver le confinement. "Moi je me bats contre l'arrogance, j'essaye d'être humble et d'obéir, car j'ai envie de vivre", résume le survivant.

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