Conflits d'intérêt : Donald Trump annonce vouloir dissoudre sa sulfureuse fondation

Conflits d'intérêt : Donald Trump annonce vouloir dissoudre sa sulfureuse fondation
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POLITIQUE - Pour, selon lui, éviter tout conflit d'intérêt entre la fonction présidentielle et ses activités d’homme d’affaires, Donald Trump a annoncé, samedi 24 décembre, la dissolution prochaine de sa fondation. Il s'agit surtout pour le milliardaire de mettre en sourdine un organisme embourbé depuis plusieurs mois dans diverses controverses.

Le président élu des Etats-Unis Donald Trump a annoncé, samedi 24 décembre, qu’il avait "l’intention" de dissoudre sa fondation philanthropique controversée pour "éviter ne serait-ce que l’apparence de tout conflit" d’intérêt. Un geste qui doit témoigner de la bonne foi du milliardaire, alors que l'organisme en question est régulièrement critiqué pour sa propension à mélanger les genres. Il s'agit surtout pour ce dernier d'essayer de faire oublier une organisation qui écorne son image en raison des nombreuses affaires qui lui sont affiliées.

De quoi pousser David Fahrenthold, journaliste du Washington Post, à enquêter sur le fonctionnement de la fondation Trump. Une initiative prise suite à un débat organisé en janvier par la chaîne conservatrice Fox News et boudé par le milliardaire qui avait préféré organisé, ce soir-là, une collecte de fond au profit d'anciens combattants. L'évènement avait permis, selon le vainqueur des primaires républicaines, de récolter la somme de six millions de dollars (5,3 millions d'euros). 

Des dons utilisés à des fins douteuses

Or, il s'avère que l’argent n'a jamais été remis à l'association d'anciens combattants, rapporte le Washington Post. De plus, Donald Trump n’a pas versé personnellement le million de dollars qu’il avait promis. David Fahrenthold a poursuivi ses investigations pour découvrir que celui qui va succéder à Barack Obama a progressivement réduit ses dons à sa fondation à partir de 2006 et que cette dernière fonctionne depuis 2009 uniquement grâce à l’argent d’autres donateurs

L'usage de cet argent a beaucoup intéressé les observateurs depuis qu'il a été révélé. Notamment un don de 25.000 dollars accordé à Pam Bondi, candidate républicaine au poste de procureure générale de Floride. Un don qui a valu à Trump une amende de 2500 dollars... alors qu'au même moment, celle qui avait finalement été élue, décidait de ne pas engager de poursuites contre le candidat, qui était menacé après des plaintes pour escroquerie dans le cadre de la Trump University.

Cet usage particulier d'une oeuvre de charité se poursuit. Fin septembre, le Washington Post révélait que le magnat de l'immobilier a usé de sa fondation pour régler à l'amiable des contentieux judiciaires (pour un montant de 258.000 dollars) et s'offrir des cadeaux personnels dont deux portraits de lui-même. 

Pour enfoncer le clou, le  procureur de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, a ordonné en octobre à la fondation Trump de cesser de recueillir des dons au motif qu'elle n'était pas valablement enregistrée auprès du bureau des oeuvres caritatives de l’Etat de New York et n’a jamais soumis les informations financières obligatoires liées à son activité. Ces nombreuses affaires jettent une lumière crue sur le fonctionnement de l'organe philanthropique de Donald Trump, obligeant son créateur à envisager sa dissolution.

Pour mieux noyer le poisson ? Dans les faits, l'annonce de cette dernière est relative car, soumise à une injonction de la justice américaine, la fondation Trump est déjà inactive depuis plusieurs semaines. Surtout, l'organisation n'est qu'une branche parmi d'autre dans le dossier de la séparation des activités d'homme d'affaire et de président des Etats-Unis de Donald Trump. Son démentèlement ne règle en rien la question des possibles conflits d'intérêts que soulève son arrivée prochaine à la présidence.  

Conflits d'intérêts en cascade

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Parmi ceux-ci, l'inauguration, en octobre, d'un palace Trump à Washington, fréquenté depuis son ouverture par des diplomates du monde entier (vivement encouragés à le faire), ce qui peut apparaitre commme une marque de soutien à Donald Trump, a suscité la controverse aux Etats-Unis. Les intérêts à l'étranger du nouveau président pourraient également influer sur sa politique intérieure.  

Ainsi des relations avec la Turquie. Après les attaques virulentes du magnat de l'immobilier visant les musulmans, lors de sa campagne présidentielle, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait exigé que le nom "Trump" soit retiré de certaines tours d'Istanbul l'arborant. Hasard ou non, Donald Trump a soutenu avec force le virage autoritaire du président turc et leurs relations se sont réchauffées. 

Citons également la nomination à la tête de la Trump Organization de ses fils Donald Jr et Eric, source potentielle de népotisme, ou la présence de sa fille Ivanka en novembre, vice-présidente de l'empire de son père, lors d'une rencontre entre son père et le Premier ministre japonais.

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