Conflit en Ukraine : d'importantes sanctions économiques contre la Russie

International

SANCTIONS – Après le crash du MH17 en Ukraine et le soutien des séparatistes russes par Vladimir Poutine, Européens et Américains ont décidé de frapper fort sur l'économie russe. Explications.

Européens et Américains veulent frapper fort sur la Russie. L'Union européenne a en effet décidé mardi de sanctionner l'économie russe pour contraindre le président Vladimir Poutine d'arrêter de soutenir les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine . Même chose pour les Etats-Unis qui ont dévoilé leurs sanctions peu de temps après.

Un "avertissement fort"

Réunis à Bruxelles, les ambassadeurs des 28 ont pour la première fois adopté une série de mesures contre l'économie russe qui devrait entrer en vigueur dès le 1er août, après leur publication au Journal officiel de l'UE. Ils ont ainsi décidé de :

> Bloquer l'accès aux marchés financiers européens des entreprises et banques russes
> D'interdire toute nouvelle vente d'armes et de technologies sensibles dans le domaine de l'énergie et des biens à double usage militaire et civil à la Russie.
> Quant aux Etats-Unis, ils interdisent désormais aux Américains d'effectuer certaines transactions avec la VTB, deuxième banque de Russie, la Banque de Moscou, qui est une de ses filiales, et la Banque agricole russe, premier prêteur de l'agriculture russe.

C'est un "avertissement fort", a estimé le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. "La déstabilisation de l'Ukraine ou de tout autre pays voisin aura des coûts énormes pour l'économie russe", a-t-il averti. "Nos appels sont restés lettre morte (...) les armes et les combattants continuent d'affluer en Ukraine depuis la Russie", a-t-il accusé alors que la chancelière allemande, Angela Merkel a jugé ce geste "inévitable", tout en demandant au pouvoir russe "d'emprunter la voie de la désescalade et de la coopération" dans le conflit en Ukraine.

Risques de représailles

Quid de la vente du Mistral français à la Russie  ? Les mesures prises ne seront pas rétroactives dans le domaine de la défense, permettant à la France d'honorer son contrat de vente de deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie, au grand dam de pays comme la Lituanie, en faveur de la méthode forte à l'encontre de Moscou.

Et si la Russie contre-attaquait ? "Les dirigeants européens sont conscients des risques de représailles de la part du pouvoir en Russie, mais ils ont fait les arbitrages après un acte impardonnable et la manière dont il a été géré par le président Poutine", a affirmé une source proche des négociations. Plusieurs entreprises ont en effet prévenu que leur activité pourrait pâtir de nouvelles sanctions contre la Russie. Parmi elles, le pétrolier BP, actionnaire à 19,75% du groupe public russe Rosneft. Reste que les sanctions financières pourraient sérieusement pénaliser la Russie qui a vu passer son PIB de 3,4% en 2012 à 1,3%.

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