Conflit en Ukraine : les touristes vont-ils bouder la Russie ?

Conflit en Ukraine : les touristes vont-ils bouder la Russie ?

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TOURISME - Pointée du doigt par les Occidentaux pour son rôle dans le conflit ukrainien, la Russie s'isole de plus en plus sur le plan diplomatique. Mais pas seulement. Le secteur touristique, par exemple, commence également à en ressentir les effets.

Dans la bataille diplomatique livrée par les Etats-Unis et l'Europe pour tenter de faire reculer la Russie sur le front ukrainien, les sanctions financières contre des dirigeants constituent une arme importante . Mais ce conflit pourrait aussi avoir des répercussions directes sur l'économie russe, comme dans le secteur du tourisme. L'Association des sociétés touristiques russes (Ator) a en effet indiqué ce mardi que les réservations de voyages vers la Russie avaient chuté de 30% depuis la montée des tensions.

"Avec la crise des relations entre la Russie et l'Occident, nombre de touristes craignent pour leur sécurité et l'attitude de la population envers eux", a expliqué Maïa Lomidze, directeur exécutif de l'Ator. Une tendance qui commence à se vérifier en France. S'il est encore trop tôt pour chiffrer précisément une baisse d'activité, les tours opérateurs spécialisés la ressentent clairement. "Il y a une baisse très importante du nombre de réservations vers la Russie, c'est certain. On est quasiment à l'arrêt", explique à metronews Jana Mulholland, directrice d'agence chez Alest Voyages.

Un mois de mai crucial

Dans le détail, le début d'année a été très bon pour ces voyagistes. "On a fait des chiffres formidables en janvier-février, avec une hausse de 30-40 % par rapport à l'année dernière", assure Laure Jacquet, la directrice France de Tsar Voyages. Même topo chez Alest Voyages, où l'on parle "d'une forte hausse, dans la continuité d'une bonne année 2013". C'est au mois de mars que les choses ont commencé à se gâter. "Le rythme des commandes diminue, même si personne n'a encore annulé, reprend Laure Jacquet. Mais si ça continue comme ça là-bas, je ne dis pas que ça n'arrivera pas."

Comment expliquer cette tendance ? Concrètement, les croisières sur la Volga, la visite de Saint-Pétersbourg ou la découverte du grand Est jusqu'à Vladivostok n'ont rien de vacances à risques. Il s'agit plutôt d'un "effet psychologique négatif", selon le président d'Alest Voyages : "Ce que l'on voit dans les médias, la façon dont on parle de la Russie, ça n'encourage pas les touristes à partir. Leurs inquiétudes sont légitimes. Notre rôle est de les rassurer : Il n'y a pas de danger à partir en Russie. Après, c'est une question d'éthique personnelle", juge Richard Soubielle.

Portés par leurs bons chiffres du début d'année, les voyagistes ne s'alarment pas. Pour l'instant. Le mois de mai s'annonce crucial. Si l'élection présidentielle du 25, notamment, ne peut avoir lieu et que les tensions montent encore d'un cran, la Russie aura du mal à attirer les foules pour la haute saison, l'été prochain.

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