Conflit israélo-palestinien : conférence de Paris, une grand-messe pour rien ?

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RÉUNION - Une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien s'ouvre ce dimanche à Paris. Mais les principaux belligérants, Israël et les autorités palestiniennes, ont décidé de boycotter cette réunion...

Plus de 70 pays et organisations internationales se réunissent à Paris ce dimanche 15 janvier pour la conférence internationale pour la paix au Proche-Orient. Mais pour Israël, qui a décidé de boycotter l'événement, cette réunion est une "imposture". "C’est une conférence truquée par les Palestiniens sous l’egide de la France. Et leur but est d’adopter des mesures anti-Israël. Cela repousse l’espoir de paix", a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Quant aux autorités palestiniennes, elles ont, elles aussi, décidé de ne pas venir. 

Si elle a pour objectif d'inciter les deux parties à reprendre les négociations interrompues depuis deux ans, la conférence  de Paris devrait vraisemblablement répéter sa volonté d'une solution négociée à deux Etats et rappellera les textes internationaux de référence sur le sujet, sans donner le détail de ce qui permettrait une résolution du conflit.  "Si l'on fait ça, on entre dans une zone de turbulences", reconnaît un diplomate français à l'AFP. 

Une situation particulièrement tendue sur le terrain

Mais sur le terrain, la situation est particulièrement tendue en raison notamment de la poursuite de la colonisation israélienne et des attentats palestiniens. De plus, les positions du futur président des Etats-Unis - dont l'investiture est prévue le 20 janvier - inquiète. Lors de sa campagne Donald Trump s'était illustré avec des idées très pro-israéliennes en promettant de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël et d'y transférer l'ambassade américaine, alors que cette ville est également revendiquée par les Palestiniens comme la capitale de leur futur Etat.

"Cette décision ne va pas aider à la paix", a alors réagi Mahmoud Abbas, le chef de l'Autorité palestinienne. Cela "priverait les États-Unis de toute légitimité à jouer un rôle dans la résolution du conflit" et "réduirait à néant la solution des deux États", explique-t-il.

Même la France, qui a pourtant lancé l'initiative de la conférence, ne s'attend pas à une résolution immédiate. Jeudi, François Hollande s'est dit "lucide" sur cette réunion, assurant que seules des discussions bilatérales pouvaient aboutir à une solution. 

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