Mahmoud Abbas qualifie l'offre de paix de Donald Trump de "claque du siècle"

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TENSIONS - Pour le président palestinien, l'offre de paix évoquée par le président américain correspond à la "claque du siècle". Il ne souhaite donc pas voir les États-Unis intervenir dans le processus de paix avec Israël, en panne.

Mahmoud Abbas n'apprécie guère les décisions géopolitiques de Donald Trump. Et il ne s'en cache pas. Dimanche, le président palestinien a qualifié de "claque du siècle" l'offre de paix présentée par le chef d'État américain, et a réitéré son rejet d'une médiation américaine dans le processus de paix devant mettre un terme au conflit israélo-palestinien. Mahmoud Abbas s'exprimait à l'ouverture d'une réunion des dirigeants de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), à Ramallah. L'objectif de cette réunion était de riposter contre la reconnaissance par Donald Trump, le 6 décembre dernier, de Jérusalem comme la capitale d'Israël.

La suspension de l'historique reconnaissance d'Israël remontant à 1988 est l'une des options proposées à la discussion du Conseil central palestinien, l'un des organes de l'OLP, l'entité reconnue sur la scène internationale comme représentant les Palestiniens des Territoires et de la diaspora, avaient indiqué des délégués. "Nous disons à Donald Trump que nous n'accepterons pas son plan, l'affaire du siècle s'est transformée en claque du siècle", a ainsi lancé Mahmoud Abbas devant l'assistance, donnant ainsi le ton de cette réunion qui doit se prolonger lundi.

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Donald Trump avait en effet émis le souhait de présider l'accord diplomatique "ultime" entre territoires palestiniens et israélien. Depuis de nombreuses années, les État-Unis sont l'un des piliers historiques du processus de paix dans ce conflit qui dure depuis une soixantaine d'années. Et les tensions ravivées par la décision de Donald Trump du 6 décembre dernier nuisent à la stabilité de la région. Après ses propos sur le rejet de toute médiation américaine, Mahmoud Abbas a laissé entendre qu'Israël avait mis un terme aux accords d'Oslo portant sur l'autonomie palestinienne, accords signés en 1993 et qui faisaient office jusqu'à présent de référence des pourparlers de paix.

"Je dis qu'il n'y a plus d'Oslo, Israël a mis fin à Oslo", a répété le président palestinien, ajoutant que des décisions pour l'avenir devaient être prises durant cette rencontre. Le 13 septembre 1993, après six mois de négociations secrètes à Oslo, Israël et l'OLP se reconnaissaient mutuellement et signaient à Washington en présence du président Bill Clinton une "Déclaration de principes" sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. Quelle que soit la conclusion des plus de 120 membres du Conseil central, la décision échoira en dernier ressort au président palestinien.

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La possibilité d'une réponse palestinienne est un signe fort de la colère qui s'est répandue à la suite de la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. Une décision vécue, par de nombreux Palestiniens, comme une rupture unilatérale de la diplomatie américaine et internationale jusqu'à présent à l'ordre du jour. Cette rupture est interprétée comme la dénégation des revendications palestiniennes sur Jérusalem-Est, annexée et occupée, et a par ailleurs engendré des violences qui ont entraîné la mort de 16 Palestiniens.

À l'annonce de cette décision unilatérale, les autorités palestiniennes ont gelé les contacts avec l'administration de Donald Trump. Aucun dirigeant palestinien ne devrait rencontrer le vice-président Mike Pence attendu à Jérusalem les 22 et 23 janvier après avoir reporté une visite initialement prévue mi-décembre. À la tête de l'Autorité palestinienne depuis 2005, Mahmoud Abbas, 82 ans, avait auparavant affirmé que les Etats-Unis s'étaient disqualifiés comme intermédiaire des discussions de paix.

Pour les dirigeants palestiniens, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël n'est que l'expression de trop d'un clair parti pris pro-israélien, déjà manifesté par le non-engagement en faveur de la création d'un Etat palestinien, la discrétion observée sur la poursuite de la colonisation israélienne des territoires palestiniens occupés ou encore la menace de fermeture du bureau de l'OLP à Washington.

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Dimanche soir, le président palestinien n'a pas mentionné la reconnaissance d'Israël mais a dénoncé la "poursuite de la colonisation" comme un obstacle à la solution à deux Etats, la référence de l'ONU pour résoudre l'un des plus vieux conflits de la planète. "Ceux qui attendaient un aperçu d'une nouvelle stratégie palestinienne pour mettre fin à l'occupation ou un changement vers une solution à un Etat auront été déçus", a estimé Hugh Lovatt, coordinateur pour Israël et la Palestine au  Conseil européen pour les relations extérieures.

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