Contrat Mistral : à Saint-Nazaire, un "comité d’accueil" pour les Russes

Contrat Mistral : à Saint-Nazaire, un "comité d’accueil" pour les Russes

REPORTAGE – Une cinquantaine de "citoyens" se sont rassemblés ce dimanche à Saint-Nazaire pour que la France ne livre pas à la Russie les deux porte-hélicoptères construits par STX et DCNS… alors que les 400 marins qui vont apprendre à les manœuvrer arrivent ce lundi.

Certes, ils ne sont pas nombreux. Mais en chantant l’hymne ukrainien mégaphone en main, ils font du bruit. Une cinquantaine de "citoyens" français, ukrainiens ou polonais se sont rassemblés dimanche à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour protester contre la livraison à la Russie de deux navires de guerre de type Mistral, des Bâtiments de projection et de commandement (BPC) construits par les chantiers navals STX et le groupe DCNS.

"Navires d'invasion"

Les 400 marins russes qui vont être formés à la manœuvre de ces porte-hélicoptères ultra-modernes doivent en effet arriver lundi matin dans la ville. Et ils y resteront jusqu’à l’automne. Or, en pleine crise ukrainienne, leurs "navires d’invasion" font peur. "J’ai vécu en Russie, je sais ce dont est capable Vladimir Poutine", clame ainsi Mariya, une Russe de 26 ans. "Vous croyez qu’il ne viendra pas avec ses navires sur la Côte d’Azur ? Eh bien moi non plus, je ne croyais pas qu’il attaquerait notre pays frère, l’Ukraine, ou la Géorgie."

"Poutine a aliéné sa nation"

Derrière cette "manifestation pacifique et familiale" se trouve Bernard Grua. Patron d’une petite entreprise, ce Nantais de 51 ans est aussi un amateur de photo. Une passion qui l’a conduit à se rendre à Kiev juste avant le départ forcé de l’ancien président ukrainien pour la Russie. Il avait déjà voyagé à sept reprises en Russie. "Vladimir Poutine est un homme qui a aliéné sa nation, qui l’a rendue folle", affirme-t-il. Il n’y aurait donc "aucun déshonneur" pour la France, selon lui, à annuler le contrat de construction des deux porte-hélicoptères, dont le montant s'élève à 1,2 milliards d'euros. Mais pour l'heure, malgré les protestations de Barack Obama, qui a exprimé début juin son "inquiétude" sur la poursuite d'un tel commerce avec la Russie, Paris entend maintenir la vente.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Le médecin de Maradona inculpé pour homicide involontaire, comment en sommes-nous arrivés là ?

93 médicaments commercialisés en France seraient dangereux, selon la revue Prescrire

Isolement des patients Covid : "Il faut arrêter de contraindre les libertés", estime le Pr Juvin

Producteur tabassé : le policier soupçonné d'avoir lancé la grenade lacrymogène placé sous contrôle judiciaire

VIDÉO - "Ça va... plus ou moins" : miraculé, Romain Grosjean donne de ses nouvelles

Lire et commenter