COP25 : après deux semaines de négociations, un accord a minima trouvé, loin de l'urgence climatique

COP25 : après deux semaines de négociations, un accord a minima trouvé, loin de l'urgence climatique
International

ENVIRONNEMENT - Les pays signataires de l'Accord de Paris ont évité de justesse ce dimanche un échec cuisant de la COP25 en adoptant un accord a minima. Ils ne sont pas parvenus à répondre aux appels pressants du monde scientifique en faveur d'actions plus radicales pour le climat.

Une COP25 pour rien ? La conférence sur le climat qui s'est achevée ce dimanche à Madrid a accouché d'un accord a minima, sans aucune mesure contraignante. Un flop vivement critiqué par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, estimant que la communauté internationale a "raté une occasion importante" d'être à la hauteur de la "crise climatique".

Dans le détail, le texte final appelle à des "actions urgentes" pour réduire l'écart entre les engagements et les objectifs de l'accord de Paris de limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C. Mais le langage est "tortueux" et le résultat "médiocre", a estimé Catherine Abreu, du Climate Action Network. "Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n’ont pas répondu aux attentes", a abondé Laurence Tubiana, architecte de l'Accord de Paris, notant toutefois que l'alliance des Etats insulaires, européens, africains et latino-américains, avait permis d'"arracher le moins mauvais résultat possible, contre la volonté des grands pollueurs."

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Aucune annonce significative

Un projet de texte sur les ambitions présenté samedi par la présidence chilienne avait provoqué une levée de bouclier de ces Etats, forçant à un nouveau round de consultations. Mais malgré les améliorations, certains pays particulièrement touchés par les dérèglements climatiques ont exprimé leur colère. Le résultat "n'est pas proche du tout de ce que nous voulions. C'est le strict minimum", a dénoncé la représentante climat des Iles Marshall, Tina Stege.

Au rythme actuel des émissions de CO2, le mercure pourrait gagner jusqu'à 4 ou 5°C d'ici la fin du siècle. Et même si les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement pourrait dépasser les 3°C. Alors pour tenter de réduire cet écart, tous les Etats doivent soumettre d'ici la COP26 à Glasgow l'année prochaine une version révisée de leurs plans de réductions d'émissions. Mais les deux semaines de discussions ont mis en pleine lumière une division flagrante au sein de la communauté internationale en matière d'ambition.

Sans surprise, quasiment aucun des grands pays émetteurs n'a fait d'annonce significative pour réhausser ses ambitions, ni donné de signe clair d'une telle intention pour 2020. Evidemment pas les Etats-Unis qui quitteront l'accord de Paris en novembre prochain, mais pas non plus la Chine ou l'Inde. Egalement dans le collimateur des défenseurs de l'environnement, l'Arabie Saoudite, ainsi que le Brésil et l'Australie tous deux accusés de vouloir introduire des dispositions décriées dans les règles sur les marchés du carbone. Malgré un an de discussions et des tractations intenses ces derniers jours, l'adoption de ce dernier reliquat du manuel d'utilisation de l'Accord de Paris a de nouveau été reportée.

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